La recherche, la fantaisie, la liberté

Je pense à ces trois mots, qui sont importants pour moi.

La recherche, c’est mon travail. Avec l’enseignement, bien sûr. Un monde de rigueur, de coupage de cheveux en quatre (chez nous, on dit plus volontiers couper les epsilon en quatre, et ça a exactement le même sens), de compétition. C’est aussi, et on ne le dit pas assez, un monde de liberté, puisqu’on cherche en fonction de nos idées, de nos intuitions, de nos motivations. Il n’y a pas, ou ne devrait pas y avoir, de dogme, d’habitude sclérosée, car tout est à ré-inventer, avec pour seul jugement: est-ce que ça marche, est-ce que ça fait avancer la connaissance…

J’essaie aussi, d’y mettre un peu de fantaisie, pour satisfaire mes propres goûts. Pas facile tel quel, mais j’essaie de l’introduire par petites touches, avec de belles illustrations, des figures claires, ou des parallèles inattendus. Je suis persuadée qu’un peu de fantaisie peut aider à voir les choses autrement, et donc à avoir des idées nouvelles.

 

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Changement

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Regardons l’avenir!

 

Cette semaine, j’ai enfin pris une décision en ce qui concerne mon travail: je vais quitter mon équipe de recherche actuelle, à moyen terme. Ca fait trois ans que j’essaie de composer avec une situation qui ne me convient pas tout à fait. Trois ans que je me dis que c’est dans cette équipe que je suis le plus à l’aise thématiquement, et que la quitter serait compliqué. Mais il y a beaucoup de choses (un peu toujours les mêmes, mais répétées) qui ne me vont pas, et je crois que ça me pompe beaucoup d’énergie. Mon mal-être (relatif, mais persistant) au travail contamine le reste de ma vie, insidieusement. Il faut donc que je trouve une solution. Comme je n’arrive pas à trouver une solution satisfaisante en restant dans cette équipe, il faut que j’en parte.

Donc, suite à un n-ième raz-le-bol, j’ai pris ma décision. Maintenant, il faut que je trouve un point de chute. Un équipe, ou des collaborateurs, avec qui j’ai envie de travailler et de faire des projets. Je vais discuter avec des personnes que je pense de bon conseil, et essayer d’élaborer un plan pour partir sans faire de vagues. Je n’ai pas envie de claquer la porte, ou de me fâcher avec mes collègues, mais seulement de me sentir mieux au travail, et de travailler sur un projet qui me motive, où je sens que je peux vraiment contribuer.

Sinon, je pars à Rennes pour trois jours, pour des journées scientifiques. C’est l’occasion de revoir un très bon ami qui y habite, et que je n’ai pas vraiment eu l’occasion de voir ces derniers temps.

 

 

Le temps file

Depuis mon dernier post, mon chéri est revenu du Colorado, je suis allée à Singapour, pour une conférence, et mon chéri est reparti deux jours à Paris. Les jours, les semaines filent comme l’éclair, à tel point que je trouve ça inquiétant. Je me demande ce que j’ai fait de mes journées, et est-ce que la manière dont je les ai passées valait le coup, si la perception que j’en ai est qu’elles passent si vite…

Au jour le jour, j’aime bien presque tout ce que je fais. Mais au bout de plusieurs semaines cumulées, si je m’amuse à regarder en arrière, je n’ai pas l’impression d’avoir fait grand chose. C’est sans doute un piège de vouloir faire des chose significatives sur ce genre d’échelle de temps. Mais j’ai l’impression que je me disperse, que je cours après plein de choses. Ce qui est certainement vrai: un travail, deux enfants, un mari, des amis et du sport. Un travail avec beaucoup de variété et dans lequel je m’implique beaucoup. Des enfants avec qui j’aime bien passer du temps le soir et le week-end. Un mari avec qui j’ai envie de partager des choses. Des amis que j’aime bien voir. Du sport pour l’équilibre, pour grimper, pour me sentir bouger. Et j’oubliais le yoga, et la lecture.

Donc, oui, journées bien remplies. Mais pourquoi ai-je cette impression qu’elles passent si vite? Ce n’est pas dû au fait que je ne m’ennuie pas. C’est peut-être plutôt dû au fait que je ne m’arrête jamais pour me laisser vivre. J’enchaine les trucs, sans respirer. Ou alors en faisant quelque chose en même temps, ce qui est contradictoire. Il faudrait que je pense à m’arrêter un peu. A rêver, à me balader tranquillement, à prendre le temps d’exister. D’habitude, j’y arrive pendant les vacances: je ne prends pas mon ordi, et au bout de quelques jours je déconnecte. Je sais que les prochaines vacances me feront du bien. Mais j’aimerais bien avoir aussi cet état d’esprit le reste de l’année. Comment faire?

Il faut que j’y arrive. Ces derniers mois, j’ai l’impression paradoxale d’arriver à être très efficace, et de me dissoudre complètement. La personne que je suis existe indépendamment du nombre de choses que je fais dans la journée, et de ma réussite dans un domaine ou l’autre. J’aimerais être juste satisfaite de moi sans chercher à me prouver quelque chose. Alors que j’ai l’impression de me vider de ma substance, et de chercher à me rassurer sur mon existence comme je peux. En poussant un peu, essayer d’exister sans rien faire de spécial, est-ce que ce n’est pas justement un peu angoissant quand on n’est pas très sûr de valoir quelque chose? C’est plus facile de s’occuper à s’occuper à faire des trucs, ça évite d’y penser et donne l’impression passagère d’être utile. Mais il faut que je me sorte de ça, que je redonne du sens à ce que je fais, et à qui je suis…

 

Bugs et jardinage

Nous sommes rentrés de Lille Dimanche dernier. Les enfants, mon chéri et moi sommes montés dans le TGV à la gare de Lille Europe. Je suis descendue à la gare de Massy-Palaiseau pour aller chez ma soeur, car j’avais une réunion de travail à Paris le lendemain, et le reste de la famille a continué son chemin vers Bordeaux.

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Petite Sirène et Petit Chat dessinent dans le train

J’ai passé une bonne partie de la journée avec ma soeur et son copain. On a papoté, bu du thé, et je me suis préparée pour la journée du lendemain, qui consistait en fait en une série d’auditions pour un poste de maitre de conférences dans un laboratoire de mathématiques. Je voulais connaître tous les dossiers avant d’entendre les gens présenter leurs travaux. L’appartement de ma soeur est un deux-pièces. J’ai donc dormi dans le salon. Vers cinq heures du matin, ma soeur est arrivé avec un sac de couchage: son copain ronflait et elle n’arrivait pas à dormir. On s’est rendormies toutes les deux dans le grand canapé lit. C’était rigolo. J’avais l’impression de revenir à l’époque de notre enfance.

Quand je suis revenue à Bordeaux, j’étais très motivée pour avancer ma recherche. C’était certainement dû au fait que je n’avais presque pas bossé la semaine à Lille, ainsi qu’au fait d’avoir écouté toutes ces auditions, où des jeunes chercheur.se.s passionné.e.s nous présentaient leurs travaux. J’avais envie de me renseigner sur plein de sujets qui avaient été mentionnés lors des auditions, et  que je ne connaissais pas, ou peu. Mais comme je suis – parfois- un être raisonnable, j’ai plutôt cherché à trouver un bug dans mon code de simulation, qui me posait problème depuis, euh…, des mois. Après un jour et demi de lutte acharnée (oui oui, c’est comme ça que je le vis!), j’ai fini par le trouver, et ça m’a procuré un immense soulagement. Déjà parce que la cause de ce bug ne compromettait pas la qualité des résultats déjà obtenus, ce qui est rassurant, et aussi parce que j’ai eu l’impression d’avancer significativement, pour une fois. En recherche on a beaucoup de moments à tatonner, d’autres où on bloque purement et simplement, d’autres encore où on est trop fatigué, découragé, distrait etc, pour se concentrer comme il faut. Et il y a aussi des moments heureux où on comprend quelque chose pour la première fois, ou bien où on résout un problème qui nous a beaucoup donné de fil à retordre. Ils sont moins nombreux, mais très sympas. (Et au jour le jour, il y a, au moins pour moi, la motivation enfantine d’apprendre des choses étranges et amusantes, et d’essayer de résoudre des sortes d’énigmes, qui me pousse au travail le sourire au lèvres presque tous les matins, que je bloque sur ma recherche ou que j’avance…). Après la résolution de ce bug, je me suis attaquée avec plein d’enthousiasme, voire d’euphorie, à une preuve de convergence que j’avais tout juste abordée il y a quelques mois. A l’époque, j’avais griffonné quelques feuilles de papier, et les avais rangées avec l’impression d’avoir bien compris comment aborder le problème. Pourtant, cette fois-ci, non seulement je n’ai pas réussi à me relire, mais j’ai surtout eu l’impression que j’étais à l’époque complètement à côté de la plaque,  et je n’ai pas trouvé la moindre idée pour me débloquer. C’est la vie!

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Le  lilas a fleuri pendant les vacances. C’est ma fleur préférée!

Et ce week-end, nous nous sommes bien activés dans le jardin: mon chéri a passé la tondeuse, j’ai débroussaillé un nouvel emplacement du potager, et nous avons planté des pommes de terre, semé des graines de concombres, de tomates cerise et de chicorées. Nous avons également contemplé les antennes d’un gros escargot réveillé de sa sieste par nos entreprises terreuses. Pendant que je ratissais la terre du potager et enlevais les racines des mauvaises herbes, je me disais que c’était un travail très proche de mon débuguage de code de la semaine: un peu long, un peu hasardeux, mais nécessaire pour obtenir un résultat concret. Ceci dit, nous sommes des débutants complets en jardinage, et je ne sais pas du tout à quel résultat m’attendre. Je guette l’apparition des premières pousses de carottes ou de marguerites avec espoir….

 

 

 

 

Bravo SuperPapa et SuperMaman

Avant toute chose, deux photos qui n’ont rien à voir avec le texte, mais qui résument bien la vie de mes enfants le week-end dernier.

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Petit Chat part en expédition
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Revenu après une longue marche, il croise Petite Sirène qui s’entraine pour l’acrobranche

En cette fin d’aprem, je prend une petite pause pour écrire un billet à notre gloire à nous deux, SuperPapa (aka mon chéri), et moi, SuperMaman (aka Lilipuzzle).

Rien d’extraordinaire en fait, juste le quotidien de parents qui ont des enfants et doivent se débrouiller pour concilier leur vie de famille, leur travail, et … eux. En plus, comme j’aime à le répéter, on a tous les deux des boulot assez souples sur les horaires. Donc on a de grosses facilités d’organisation, donc ce n’est même pas si difficile.

Oui, mais quand même. Hier soir je crisais parce que je ne retrouvais plus les identifiants pour me connecter sur le site de la mairie de notre ville. Qui m’auraient permis de  réserver dès minuit (oui oui!) les places pour le centre aéré du mercredi après-midi pour Petite Sirène, pour les mois de Mai et Juin. Avec le déménagement, je n’ai pas retrouvé la fameuse putain de  feuille où ces identifiants étaient inscrits. Je n’ai pas non plus réussi à retrouver l’adresse email qu’on avait fournie et qui permettrait de ré-initialiser le mot de passe. Remarquez: sans identifiant, le mot de passe seul est bien inutile. Ont suivi des textos stressés à d’autres parents, qui eux, arrivaient à se connecter. Et surtout, deux heures d’attente devant l’école cet après-midi à faire la queue pour avoir une des places restantes. Sous la pluie une bonne partie du temps. Heureusement pour moi, une maman m’a prise sous son aile parapluie, et les dames de l’école nous ont prêté des chaises. J’ai aussi réservé des places pour des parents d’élèves et copains qui avaient juste oublié  que c’était le jour des inscriptions. Le monsieur du couple en question a fait un aller-retour en vélo express avec moi entre son lieu de travail et l’école pour récupérer le badge de son fils et me le passer afin que je puisse l’inscrire. Nos enfants apprennent  à l’école les quêtes aventureuses des chevaliers, quand les nôtres sont bien plus prosaiques, mais conformes à notre siècle habité par la paperasse et les formalités administratives.

Pendant ce temps, ce matin même, mon chéri a emmené notre fille chez l’orthoptiste, car nous avons remarqué qu’elle louche ces derniers temps. Résultat: elle va porter un cache sur un oeil pour renforcer et corriger celui qui part de travers, car il est un peu paresseux. Il faut reprendre un deuxième rendez-vous pour être sûr qu’elle n’ait pas besoin de lunettes. Et en prendre un autre pour son frère, pour faire du dépistage un peu plus précoce. Car heureusement, à cinq ans (l’âge de Petite Sirène), c’est encore le bon âge pour corriger ce type de défaut d’oeil, mais il ne faut pas traîner. Et vers six ans c’est déjà plus compliqué. Pourtant, on l’emmène chez le pédiatre régulièrement, et elle a déjà fait des bilans de vue. Mais personne n’avait rien remarqué jusqu’il y a quelques semaines. Mon chéri a ensuite pris un rendez-vous pour inscrire les enfants dans leur nouvelle école. C’est le deuxième rendez-vous: le premier a eu lieu en mairie, le deuxième aura lieu avec la directrice de l’école. Il y en aura ensuite un troisième, à la mairie, pour créer leur carte permettant de badger pour la cantine et le centre aéré.

C’est du très banal tout ça, même pas une journée où c’est vraiment la course, mais quand ce type de journées s’enchainent, je me demande à quel moment je peux vraiment me concentrer sur mon travail, ou sur autre chose. Aujourd’hui, j’aurai en fait tout juste réussi à résorber mon retard sur les mails de la fin de semaine dernière et du week-end, et quand même discuté une heure avec un collègue à propos de maths. Bon, c’est vrai, là je perds du temps à écrire au lieu de me remettre au boulot, mais ça me fait du bien.

Et surtout, tout ça semble très normal. Jamais personne ne nous félicite à la fin de la journée pour avoir essayé de tout faire au mieux, pour avoir essayé de faire notre travail à temps et le mieux possible, en dépit des grippes, des injonctions administratives, des rendez-vous médicaux, des grèves, et de nos propres contraintes. Pour avoir essayé de nous occuper de notre mieux, et de tout notre coeur, de nos enfants quand nous sommes avec eux.

Donc, pour compenser ça, j’ai décidé de nous féliciter très solennellement:

« Bravo SuperPapa, bravo SuperMaman, vous faites du bon boulot! Continuez comme ça.  »

Des fois, des encouragements, ça peut aider à voir la prochaine journée non pas comme une épreuve à affronter, mais comme quelque chose de plus simple et de plus léger. J’en ai besoin en ce moment.

 

 

J-J. Goldman

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Ce furent de très bonnes vacances! La photo est trompeuse, en vrai il a fait plutôt très mauvais: pluie, neige, pluie. Je n’ai skié que trois fois, et dont une sous une pluie assez transperçante. J’ai eu un début de gastro et un début d’abcès à la jambe. Plus des démangeaisons très désagréables dues à…je ne sais vraiment pas quoi. Les enfants se sont réveillés un peu trop souvent la nuit. Mais en vrai, on a quand même passé une super semaine, dans une ambiance reposante et détendue. Les enfants ont joué avec leurs cousins, sans pratiquement jamais se disputer, ce qui est quasiment incroyable, même pour des schtroumpfs aussi mignons que les nôtres. On a réussi à faire deux partiestrès très sympa de Time’s Up en famille. J’ai convaincu mon père d’essayer le ski de fond, et cela lui a plu. J’ai eu le temps de lire un peu. On a bien mangé. On a tout simplement passé du temps à quatre, et avec des personnes: mon père, mes soeurs, ma belle-mère, ma cousine, que j’aime beaucoup beaucoup.

Je suis revenue avec beaucoup d’énergie et de bonne humeur. Bon, ce soir, tout ça est un peu dissipé par le fait que j’ai un début très désagréable de cystite, qui m’est tombé dessus à 20h, soit juste trop tard pour passer à la pharmacie chercher des remèdes de premier secours. J’ai donc passé la soirée à écumer les sites internet à la recherche de remèdes rapides et qui se trouveraient chez moi. Suite à quoi j’ai: bu beaucoup, beaucoup, en particulier de la tisane de thym, croqué des sucres avec des huiles essentielles dessus (je ne suis pas sûre que ce soient les plus indiquées, mais en désespoir de cause, je tente), ingéré un peu de bicarbonate de soude, et je me suis massé une certaine zone du pied, du pas du dos et du ventre, au cas où. J’ai aussi lu que des cataplasme de poireau pouvaient faire du bien, mais je n’ai pas tenté le coup. De même pour la tisane d’ail. Mais j’hésite. Et j’espère que ça ira mieux demain!!!

Avant que cette chienne de cystite ne se déclare, j’avais plutôt passé une bonne journée, à rédiger un des papiers que je veux finir très prochainement. C’est rigolo, rester assise pour écrire un papier me rend visiblement très nerveuse: je me lève tout le temps, pour ranger du linge, boire un thé, manger quelque chose…ou alors je compulse frénétiquement ma boite mail. Au milieu de tout ça, j’arrive quand même à avancer, mais disons que mes flashs de productivité n’arrivent pas tout à fait à contrebalancer tout le temps à lutter contre l’envie de m’enfuir de ma chaise. Et puis, vers midi, je me suis rappelée que quand je rédigeais ma thèse (et que je n’avais pas du tout assez de temps pour procrastiner de la sorte), j’écoutais en boucle de la musique pour me couper du monde. Assez banal en fait. Mais comme je n’écoute pas de musique au bureau (maintenant que j’ai un co-bureau, ça m’embête de faire l’autiste avec des écouteurs, et plus encore de mettre de la musique dans le bureau), j’avais juste oublié cette possibilité. Ni une ni deux, je suis allé fouiller dans la pile de CD, et j’ai exhumé le double album de Jean-Jacques Goldman qui date de mes années lycée/prépa. Je l’ai écouté tout l’aprèm en travaillant, et ça m’a vraiment bien aidée à me concentrer. J’ai beaucoup aimé re-écouter ces morceaux, (heureusement que personne n’était dans l’appart à ce moment là, car j’ai tellement aimé que j’en ai chanté la plupart en même temps que J.-J.) et je crois que je recommencerais.