Le temps file

Depuis mon dernier post, mon chéri est revenu du Colorado, je suis allée à Singapour, pour une conférence, et mon chéri est reparti deux jours à Paris. Les jours, les semaines filent comme l’éclair, à tel point que je trouve ça inquiétant. Je me demande ce que j’ai fait de mes journées, et est-ce que la manière dont je les ai passées valait le coup, si la perception que j’en ai est qu’elles passent si vite…

Au jour le jour, j’aime bien presque tout ce que je fais. Mais au bout de plusieurs semaines cumulées, si je m’amuse à regarder en arrière, je n’ai pas l’impression d’avoir fait grand chose. C’est sans doute un piège de vouloir faire des chose significatives sur ce genre d’échelle de temps. Mais j’ai l’impression que je me disperse, que je cours après plein de choses. Ce qui est certainement vrai: un travail, deux enfants, un mari, des amis et du sport. Un travail avec beaucoup de variété et dans lequel je m’implique beaucoup. Des enfants avec qui j’aime bien passer du temps le soir et le week-end. Un mari avec qui j’ai envie de partager des choses. Des amis que j’aime bien voir. Du sport pour l’équilibre, pour grimper, pour me sentir bouger. Et j’oubliais le yoga, et la lecture.

Donc, oui, journées bien remplies. Mais pourquoi ai-je cette impression qu’elles passent si vite? Ce n’est pas dû au fait que je ne m’ennuie pas. C’est peut-être plutôt dû au fait que je ne m’arrête jamais pour me laisser vivre. J’enchaine les trucs, sans respirer. Ou alors en faisant quelque chose en même temps, ce qui est contradictoire. Il faudrait que je pense à m’arrêter un peu. A rêver, à me balader tranquillement, à prendre le temps d’exister. D’habitude, j’y arrive pendant les vacances: je ne prends pas mon ordi, et au bout de quelques jours je déconnecte. Je sais que les prochaines vacances me feront du bien. Mais j’aimerais bien avoir aussi cet état d’esprit le reste de l’année. Comment faire?

Il faut que j’y arrive. Ces derniers mois, j’ai l’impression paradoxale d’arriver à être très efficace, et de me dissoudre complètement. La personne que je suis existe indépendamment du nombre de choses que je fais dans la journée, et de ma réussite dans un domaine ou l’autre. J’aimerais être juste satisfaite de moi sans chercher à me prouver quelque chose. Alors que j’ai l’impression de me vider de ma substance, et de chercher à me rassurer sur mon existence comme je peux. En poussant un peu, essayer d’exister sans rien faire de spécial, est-ce que ce n’est pas justement un peu angoissant quand on n’est pas très sûr de valoir quelque chose? C’est plus facile de s’occuper à s’occuper à faire des trucs, ça évite d’y penser et donne l’impression passagère d’être utile. Mais il faut que je me sorte de ça, que je redonne du sens à ce que je fais, et à qui je suis…

 

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Petite Sirène un jour changera d’océan…

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Petite Sirène perchée

 

Ma Petite Sirène d’amour a eu cinq ans aujourd’hui. On a fêté son anniversaire ce soir, avec mon père et Petit Chat. (Mon chéri est en voyage et rentre en fin de semaine.) Ca ne me fait rien de particulier ce chiffre rond. Mais ce soir, en lui chantant une petite berceuse, car elle était trop excitée par le livre de Cendrillon qu’elle a reçu pour réussir à s’endormir, je me suis dit que ces années de petite enfance étaient passées très très vite. Nous avons encore devant nous plusieurs années avec une petite fille à la maison, puis cette petite fille deviendra une jeune fille, puis une jeune femme qui prendra, naturellement, un peu de distance avec nous pour construire sa vie. J’ai envie que mes enfants deviennent des adultes bien dans leur vie, solides et autonomes. Mais j’espère de tout coeur que je pourrai toujours être proche d’eux. Pouvoir leur parler, les prendre dans mes bras, et partager des choses avec eux. Connaitre un peu leur vie, leurs expériences, leurs émotions.

Je vois que certains parents conservent ce lien avec leurs enfants. Je ne sais pas s’il y a une recette pour ça. Il y a certainement des choses à faire, et un peu de chance à avoir. J’espère que je ne ferai pas trop d’erreur et que cette chance me sourira. J’espère pouvoir dans vingt, trente ans, serrer Petite Sirène dans mes bras pour son anniversaire et lui souffler une fois de plus que je l’aime tellement fort.

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Les enfants soufflent sur le feu dans la cabane que nous avons construite

Lille aux enfants

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Nous voilà à Lille dans ma famille. Un nouveau trajet en train. Cette fois-ci dans un espace réservé aux familles, donc situé près des toilettes, de la table à langer, et avec des gens a priori compréhensifs sur le niveau sonore. Mes enfants ne sont pas particulièrement bruyants en principe – enfin, Petit Chat oui, quand il le veut, mais j’arrive à peu près à le contrôler quand on est dans le train – mais l’autre jour je devais être le seul parent de la rame à ne pas occuper ses enfants avec une tablette, un smartphone ou une console de jeux. C’est  donc forcément un peu plus bruyant. Mais d’une part je n’ai pas de tablette, pas de films sur mon ordi, et pas de jeu sur mon téléphone, et d’autre part je trouve que Petit Chat est trop petit pour passer autant de temps devant un écran.

Donc on colle des autocollants, on lit des histoires, on dessine, on va au toilettes se changer, on se balade sous la table, on enlève ses chaussures et ses chaussettes, on les cache, on les cherche, on se met du feutre sur la figure, on fait semblant de faire la sieste, on mange des chips aux crevettes, on poursuit le contrôleur à travers les wagons, car il a la flemme de venir débloquer la porte des toilettes, on mange des bonbons qui piquent (côté diététique, je ne revendique par grand chose pendant ces trajets), on fait des calins, on observe les autres passagers avec beaucoup d’attention…Je précise que le « on » de la phrase précédente ne me concerne pas souvent, mais plutôt mes enfants.

Petite Sirène adore prendre le train. Et moi? Je suis partagée entre le plaisir et le petit goût d’aventure qui est très sympa, et l’attention nécessaire pour que tout se passe bien, et qu’on ne gêne pas les autres passagers.

Bravo SuperPapa et SuperMaman

Avant toute chose, deux photos qui n’ont rien à voir avec le texte, mais qui résument bien la vie de mes enfants le week-end dernier.

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Petit Chat part en expédition
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Revenu après une longue marche, il croise Petite Sirène qui s’entraine pour l’acrobranche

En cette fin d’aprem, je prend une petite pause pour écrire un billet à notre gloire à nous deux, SuperPapa (aka mon chéri), et moi, SuperMaman (aka Lilipuzzle).

Rien d’extraordinaire en fait, juste le quotidien de parents qui ont des enfants et doivent se débrouiller pour concilier leur vie de famille, leur travail, et … eux. En plus, comme j’aime à le répéter, on a tous les deux des boulot assez souples sur les horaires. Donc on a de grosses facilités d’organisation, donc ce n’est même pas si difficile.

Oui, mais quand même. Hier soir je crisais parce que je ne retrouvais plus les identifiants pour me connecter sur le site de la mairie de notre ville. Qui m’auraient permis de  réserver dès minuit (oui oui!) les places pour le centre aéré du mercredi après-midi pour Petite Sirène, pour les mois de Mai et Juin. Avec le déménagement, je n’ai pas retrouvé la fameuse putain de  feuille où ces identifiants étaient inscrits. Je n’ai pas non plus réussi à retrouver l’adresse email qu’on avait fournie et qui permettrait de ré-initialiser le mot de passe. Remarquez: sans identifiant, le mot de passe seul est bien inutile. Ont suivi des textos stressés à d’autres parents, qui eux, arrivaient à se connecter. Et surtout, deux heures d’attente devant l’école cet après-midi à faire la queue pour avoir une des places restantes. Sous la pluie une bonne partie du temps. Heureusement pour moi, une maman m’a prise sous son aile parapluie, et les dames de l’école nous ont prêté des chaises. J’ai aussi réservé des places pour des parents d’élèves et copains qui avaient juste oublié  que c’était le jour des inscriptions. Le monsieur du couple en question a fait un aller-retour en vélo express avec moi entre son lieu de travail et l’école pour récupérer le badge de son fils et me le passer afin que je puisse l’inscrire. Nos enfants apprennent  à l’école les quêtes aventureuses des chevaliers, quand les nôtres sont bien plus prosaiques, mais conformes à notre siècle habité par la paperasse et les formalités administratives.

Pendant ce temps, ce matin même, mon chéri a emmené notre fille chez l’orthoptiste, car nous avons remarqué qu’elle louche ces derniers temps. Résultat: elle va porter un cache sur un oeil pour renforcer et corriger celui qui part de travers, car il est un peu paresseux. Il faut reprendre un deuxième rendez-vous pour être sûr qu’elle n’ait pas besoin de lunettes. Et en prendre un autre pour son frère, pour faire du dépistage un peu plus précoce. Car heureusement, à cinq ans (l’âge de Petite Sirène), c’est encore le bon âge pour corriger ce type de défaut d’oeil, mais il ne faut pas traîner. Et vers six ans c’est déjà plus compliqué. Pourtant, on l’emmène chez le pédiatre régulièrement, et elle a déjà fait des bilans de vue. Mais personne n’avait rien remarqué jusqu’il y a quelques semaines. Mon chéri a ensuite pris un rendez-vous pour inscrire les enfants dans leur nouvelle école. C’est le deuxième rendez-vous: le premier a eu lieu en mairie, le deuxième aura lieu avec la directrice de l’école. Il y en aura ensuite un troisième, à la mairie, pour créer leur carte permettant de badger pour la cantine et le centre aéré.

C’est du très banal tout ça, même pas une journée où c’est vraiment la course, mais quand ce type de journées s’enchainent, je me demande à quel moment je peux vraiment me concentrer sur mon travail, ou sur autre chose. Aujourd’hui, j’aurai en fait tout juste réussi à résorber mon retard sur les mails de la fin de semaine dernière et du week-end, et quand même discuté une heure avec un collègue à propos de maths. Bon, c’est vrai, là je perds du temps à écrire au lieu de me remettre au boulot, mais ça me fait du bien.

Et surtout, tout ça semble très normal. Jamais personne ne nous félicite à la fin de la journée pour avoir essayé de tout faire au mieux, pour avoir essayé de faire notre travail à temps et le mieux possible, en dépit des grippes, des injonctions administratives, des rendez-vous médicaux, des grèves, et de nos propres contraintes. Pour avoir essayé de nous occuper de notre mieux, et de tout notre coeur, de nos enfants quand nous sommes avec eux.

Donc, pour compenser ça, j’ai décidé de nous féliciter très solennellement:

« Bravo SuperPapa, bravo SuperMaman, vous faites du bon boulot! Continuez comme ça.  »

Des fois, des encouragements, ça peut aider à voir la prochaine journée non pas comme une épreuve à affronter, mais comme quelque chose de plus simple et de plus léger. J’en ai besoin en ce moment.

 

 

Pâques

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Petite Sirène avec Fripouille, la mascotte de sa classe, en vadrouille avec nous pour Pâques

 

Un bon week-end de Pâques avec les soeurs de mon chéri.

En Auvergne, où il a neigé. J’étais un peu crevée: contrecoup du déménagement, fatigue de la semaine? Mais passer trois jours tranquilles avec les deux super tatas et leur famille m’a bien détendue. Les enfants ont adoré voir leurs cousines. Petite Sirène a beaucoup rigolé, elle qui a l’air si calme quand elle est juste avec nous, ses parents. Petit Chat s’est fait chouchouté par les plus grandes. On a mangé du chocolat et du fromage. On a emmené les enfants dans le beau parc de la Bourboule, avec de grandes pelouses, un torrent, des toboggans à gogo et même une tyrolienne.

Dans la voiture, on a pas mal écouté les chansons du dernier album de Dominique A: Eleor. Je suis vraiment très fan. En particulier d' »Eleor » justement. J’aime les paroles, les arrangements (je dis arrangements, mais je pense simplement accompagnement musical, que je trouve très très réussi, presque comme une voix en plus).

Sinon, j’ai très envie d’aller au ciné, de me balader en ville sans rien faire de précis…mais je n’ose pas prendre une demi-journée pour ça. Les enfants ont eu la grippe chacun à leur tour les deux dernières semaines, il y a la grève jeudi, des meubles à acheter, et mon boulot qui m’appelle de sa petite voix persistante…Je n’arrive pas encore à me dégager du temps pour ne rien faire: ça me fait culpabiliser, alors même que je suis sûre que ça me ferait beaucoup de bien. 

J’aimerais raconter plein d’autres choses, et j’ai plein d’autres choses à raconter d’ailleurs, mais j’ai la tête un peu trop pleine en ce moment, entre les cartons à défaire, ma to-do liste qui déborde…Ce sera pour un autre soir où je serai plus détendue. 

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Petit Chat croit qu’il peut diriger son papa en lui tirant les oreilles

J-J. Goldman

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Ce furent de très bonnes vacances! La photo est trompeuse, en vrai il a fait plutôt très mauvais: pluie, neige, pluie. Je n’ai skié que trois fois, et dont une sous une pluie assez transperçante. J’ai eu un début de gastro et un début d’abcès à la jambe. Plus des démangeaisons très désagréables dues à…je ne sais vraiment pas quoi. Les enfants se sont réveillés un peu trop souvent la nuit. Mais en vrai, on a quand même passé une super semaine, dans une ambiance reposante et détendue. Les enfants ont joué avec leurs cousins, sans pratiquement jamais se disputer, ce qui est quasiment incroyable, même pour des schtroumpfs aussi mignons que les nôtres. On a réussi à faire deux partiestrès très sympa de Time’s Up en famille. J’ai convaincu mon père d’essayer le ski de fond, et cela lui a plu. J’ai eu le temps de lire un peu. On a bien mangé. On a tout simplement passé du temps à quatre, et avec des personnes: mon père, mes soeurs, ma belle-mère, ma cousine, que j’aime beaucoup beaucoup.

Je suis revenue avec beaucoup d’énergie et de bonne humeur. Bon, ce soir, tout ça est un peu dissipé par le fait que j’ai un début très désagréable de cystite, qui m’est tombé dessus à 20h, soit juste trop tard pour passer à la pharmacie chercher des remèdes de premier secours. J’ai donc passé la soirée à écumer les sites internet à la recherche de remèdes rapides et qui se trouveraient chez moi. Suite à quoi j’ai: bu beaucoup, beaucoup, en particulier de la tisane de thym, croqué des sucres avec des huiles essentielles dessus (je ne suis pas sûre que ce soient les plus indiquées, mais en désespoir de cause, je tente), ingéré un peu de bicarbonate de soude, et je me suis massé une certaine zone du pied, du pas du dos et du ventre, au cas où. J’ai aussi lu que des cataplasme de poireau pouvaient faire du bien, mais je n’ai pas tenté le coup. De même pour la tisane d’ail. Mais j’hésite. Et j’espère que ça ira mieux demain!!!

Avant que cette chienne de cystite ne se déclare, j’avais plutôt passé une bonne journée, à rédiger un des papiers que je veux finir très prochainement. C’est rigolo, rester assise pour écrire un papier me rend visiblement très nerveuse: je me lève tout le temps, pour ranger du linge, boire un thé, manger quelque chose…ou alors je compulse frénétiquement ma boite mail. Au milieu de tout ça, j’arrive quand même à avancer, mais disons que mes flashs de productivité n’arrivent pas tout à fait à contrebalancer tout le temps à lutter contre l’envie de m’enfuir de ma chaise. Et puis, vers midi, je me suis rappelée que quand je rédigeais ma thèse (et que je n’avais pas du tout assez de temps pour procrastiner de la sorte), j’écoutais en boucle de la musique pour me couper du monde. Assez banal en fait. Mais comme je n’écoute pas de musique au bureau (maintenant que j’ai un co-bureau, ça m’embête de faire l’autiste avec des écouteurs, et plus encore de mettre de la musique dans le bureau), j’avais juste oublié cette possibilité. Ni une ni deux, je suis allé fouiller dans la pile de CD, et j’ai exhumé le double album de Jean-Jacques Goldman qui date de mes années lycée/prépa. Je l’ai écouté tout l’aprèm en travaillant, et ça m’a vraiment bien aidée à me concentrer. J’ai beaucoup aimé re-écouter ces morceaux, (heureusement que personne n’était dans l’appart à ce moment là, car j’ai tellement aimé que j’en ai chanté la plupart en même temps que J.-J.) et je crois que je recommencerais.