Nouveau chez-nous

Ce soir, je suis rentrée – en voiture– de notre ancien appartement que j’avais fini de nettoyer. J’ai parcouru les pièces, en les regardant bien fort pour les graver dans ma mémoire. C’était vraiment une page qui se tournait. Je suis impatiente de connaître la suite, mais j’ai beaucoup aimé la partie de l’histoire qui s’est écrite là-bas.

Je suis rentrée dans la nouvelle maison. Il y avait des cartons partout, mais également un feu qui crépitait dans la cheminée. J’ai entendu la voix de mon chéri qui lisait une histoire aux enfants avant de les coucher. Je suis allée leur faire des bisous pour leur dire bonne nuit.

Et voilà, un déménagement c’est comme un petit saut à travers l’espace-temps. Une rupture dans la continuité de nos vies. Je ne suis plus trop du genre nostalgique mais je m’étonne toujours de la rapidité avec laquelle on change aussi radicalement notre cadre de vie.

Ce fut un déménagement good vibes. Pas mal de copains sont venus nous aider tout au long de la journée, dans une ambiance plutôt bonne (à part quelques incompréhensions entre certains, mais c’est une autre histoire, qui les regarde surtout). Le midi on a mangé au kebab du coin, et à 16h tout était posé dans la nouvelle maison. Une de mes collèges, H., m’a motivée à préparer les lits des enfants et le nôtre, ainsi que des tasses et du thé pour le lendemain. Je ne l’aurais pas fait sans elle, car j’avais les jambes coupées par les cartons et l’intensité de la journée, mais c’était une très bonne idée, qui nous a permis ensuite de vraiment nous décontracter, sans devoir farfouiller partout au moment de coucher les enfants.

Ensuite tout naturellement, nous avons pris possession de la terrasse avec quelques bières, qui ont dérivé en apéro, le temps que le barbecue se prépare. Comme il faisait tout de même un peu frais, on a mangé dans la véranda. Les enfants, les nôtres et ceux de nos amis, découvraient ce nouvel espace, jouaient dans les chambres, et s’amusaient avec le sac des décorations de Noel. Après le repas, nous sommes tous ressortis discuter ou boire une dernière bière sur la terrasse. C’est exactement le genre de soirée que j’avais imaginé dans cette nouvelle maison, alors je suis ravie qu’on ait pu commencer de cette manière notre nouvelle vie ici.

J’ai beaucoup aimé aussi le fait de passer la journée avec les amis qui nous ont aidé, et que globalement, les gens se soient bien entendu, même ceux qui ne se connaissaient pas encore. C’était non seulement un déménagement efficace, mais une chouette journée avec nos amis.

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Week-end parisien

Ce week-end nous sommes montés à Paris rendre visite à un de mes meilleurs amis et sa famille. Mon chéri avait passé la semaine sur place pour une réunion et une conférence, et j’ai donc pris le train avec les enfants vendredi en fin d’après-midi. Le voyage s’est bien passé. Aucun vomi à déplorer. J’avais acheté de quoi faire un petit repas sympa dans le train, avec des chips aux crevettes, des tomates cerises et des olives, et des jus de fruits pour les enfants. Nous avons collé des gommettes Dora avec beaucoup d’application, et les enfants ont escaladé tous les sièges libres du wagon.

A Paris nous avons emmené Petite Sirène et le fils de mon ami assister à « Peter Pan » au théatre, mais cela n’a pas du tout plu à ma petite chérie: les pirates lui ont fait très peur et nous sommes parties au milieu de la représentation. Elle m’a soigneusement expliqué une fois dans la rue que quand elle serait en CE1 elle aurait moins peur, mais que pour le moment, ce n’était pas possible. J’aime bien sa manière claire d’exprimer ses émotions.

Le lendemain, nous sommes allés tous ensemble à la ménagerie du jardin des Plantes. Je connaissais déjà, mais j’adore ce petit zoo en plein ville, très calme et plein d’arbres car blotti au coeur du jardin des Plantes. Il y avait d’immenses tapis de feuilles mortes dans les allées, et plein plein plein de joggeurs. Les enfants se sont bien amusés à se lancer des paquets de feuilles….et nous aussi.

Petite Sirène et son amas de feuilles
Petite Sirène et son amas de feuilles
Petit chat dans les allées
Petit chat dans les allées

Le week-end est passé très très vite. Trop vite. Avec les enfants, nous nous sommes bien amusés. Mais nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour discuter entre adultes, ou pour jouer à des jeux, comme nous le faisions avant, à part le samedi soir, où avec mon ami nous avons discuté jusque tard dans la nuit. Bien que lui aussi de  formation scientifique, il fait un boulot très différent du mien, et je trouve très intéressant d’échanger nos points de vue.  Vivement la prochaine occasion de les voir.

Maladie chez une amie

Une de mes collègues, qui est aussi et avant tout une amie, est à l’hôpital depuis deux semaine parce qu’elle est atteinte d’une une infection pulmonaire, qui a pris des proportions très inquiétantes.  Après des examens pas marrants, les médecins ont identifié deux germes à l’origine de son infection, et ont adapté son traitement antibiotique en conséquence. Depuis, elle va mieux. Je croise les doigts pour que ce soit une amélioration durable. Je suis allée la voir deux fois à l’hôpital cette semaine: la première fois, elle sortait d’un week-end catastrophique, avec une tension très basse et une fièvre incontrôlable, elle était toute pâle et avait des tubes dans le nez pour l’oxygène; la deuxième, elle n’avait plus ses tubes, et souriait beaucoup plus. Ca m’a un peu rassurée. Elle se bat depuis des années contre un cancer, qui sommeille parfois, mais c’est la première fois que j’ai eu aussi peur pour sa vie. Je ne sais pas bien exprimer ce genre de peur, sauf en l’écrivant. Après ma première visite, je ne me suis rendue compte d’à quel point j’étais inquiète qu’au moment où les enfants sont allés se coucher, parce que je me suis mise à pleurer d’un coup, sans avoir de raison explicite.

Quand je vais la voir, on parle un peu de son état, et surtout beaucoup d’autre chose, des gens au labo, de notre recherche, de nos familles. Je n’ai pas l’impression d’imposer ce genre de discussion « futile », et j’espère que ce n’est pas le cas.  Parfois je trouve étrange de parler de choses aussi banales alors qu’elle lutte pour vivre, et puis je me dis que si ça l’embêtait, elle changerait de sujet ou éviterait de discuter autant avec moi. De toute manière,  je n’arrive pas à m’imaginer lui poser la question directement, donc j’espère juste que je ne me trompe pas trop.

C’est une fille très forte, qui se fabrique plein de projets même dans les moments sombres. J’espère juste l’aider de temps en temps à placer dans sa tête ses petites briques d’avenir.

Nour

Cette semaine, je suis allée à Montpellier, car j’étais invitée à faire un exposé dans le labo là-bas… Voilà la raison officielle…La vraie raison, c’est que j’ai une amie d’enfance qui habite là-bas. On était les meilleures amies du monde au collègue, puis on s’est perdues de vue entre la fin du lycée et le début des études, et retrouvées il y a environ quatre ans par les réseaux sociaux sur internet.

Elle s’est mariée jeune, et a deux enfants de 8 et 11 ans. Je sentais bien qu’elle n’était pas très disponible pour qu’on se téléphone, qu’on s’écrive de longs messages pour se raconter notre vie, mais en même temps, elle avait l’air vraiment contente qu’on renoue un lien.  En Septembre, j’ai croisé à Bordeaux un collègue de Montpellier, et je lui ai dit qu’il fallait me prévenir s’il y avait des évènements prévus là-bas, comme des groupes de travails, conférences, et je lui ai expliqué quelle était la raison de mon intérêt. Il m’a alors proposée de m’inviter à leur séminaire, ce qui m’a permis de faire d’une pierre deux coups!

Après le séminaire, j’avais donc rendez-vous avec elle à la médiathèque où elle travaille. Nous avons passé une heure et demi à nous raconter des morceaux de nos vies. C’était très émouvant de la revoir, et de me sentir à nouveau si amie avec elle, malgré toutes ces années qui ont passé. J’ai reconnu les raisons qui avaient fait que je l’appréciait autant, je l’ai trouvée rayonnante malgré certaines épreuves qu’elle a traversé ces dernières années et qu’elle m’a brièvement raconté. Ensuite, elle a dû retourner travailler. J’avais encore tellement envie de passer du temps avec elle… Je ne sais pas quand cela sera à nouveau possible. Peut-être faut-il que je trouve un moyen de collaborer avec quelqu’un de Montpellier afin de trouver de nouvelles raisons d’y aller?  En tout cas, je suis très heureuse que ce moment ait eu lieu. J’ai en quelque sorte retrouvé un morceau perdu de mon histoire, de mon identité, en allant là-bas.

Pour être tout à fait complète, lors de ce voyage, j’ai aussi passé la soirée chez une bonne amie qui était à Bordeaux l’an dernier, et qui est partie à Montpellier suite à une promotion. Ca m’a fait très plaisir de la voir, et j’ai fait le plein d’énergie en discutant avec elle pendant des heures… L’émotion était moins forte parce que l’histoire qui nous lie est moins longue, mais je suis quand même très contente d’avoir pu passer un peu de temps avec elle aussi.

Tir cadré!
Tir cadré!