Lille

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J’ai passé cette première semaine de vacances à Lille, dans ma famille, avec mon père, ma belle-mère et ma petite soeur. Et, évidemment, Petite Sirène et Petit Chat. Mon chéri, lui, était parti en conférence au Japon (le pauvre, comme on dit!).

J’appréhendais un peu cette visite, non pas à cause de la visite en elle-même, mais pour son aspect potentiellement très fatiguant: les deux petits Schtroumpfs pendant plus d’une semaine, sans leur papa, ça pouvait vite virer à l’épreuve d’endurance. Finalement, ça n’a pas été le cas. Evidemment, j’ai un certain retard de sommeil, car les nuits ont été un peu perturbées, mais mon sentiment général est qu’on a passé du bon temps tous ensemble. Les enfants ont bien profité de leurs grands-parents, et moi j’ai profité d’eux, de ma famille, et j’ai même réussi à voir quelques amis qui habitent toujours dans le Nord, ce qui m’a fait très plaisir.

Petit Chat a découvert le plaisir de taper sur les touches d’un piano avec son grand-père et sa tante, Petite Sirène s’est beaucoup amusée avec ma belle-mère qui est une super mamie. Nous avons joué dans des parcs, regardé des films sympas le soir en famille, pris le temps de ne rien faire de spécial… C’est aussi ça que j’ai bien aimé: c’était une semaine de presque vacances, avec assez de temps pour le laisser filer, et juste profiter de la vie quotidienne ensemble.

Les premiers jours, je n’avais pas encore complètement décroché du boulot. Le soir, à la sieste, je griffonnais sur mes brouillons, essayant de prouver une propriété de super-convergence à laquelle je ne comprends finalement rien…et peu à peu, j’ai lâché prise, et je pense que c’est bien ainsi. Je vais me reposer la tête, afin d’avoir l’esprit frais et revigoré quand je reprendrai le boulot. Les maths, c’est prenant, absorbant, accaparant même, comme un jeu d’énigmes, comme un secret à percer à partir d’indices…Quand je bloque sur un problème, j’ai du mal à y renoncer, à passer à autre chose, même si je sais que ça fait du bien de laisser reposer son attention et de prendre du recul.

Sinon, j’étais ravie de reprendre une petite bouffée de l’ambiance du Nord et de Lille. Je n’ai rien fait de spécial pour ça, à part réussir à manger quelques frites fraiches (mais c’est déjà pas mal!!!). Mais j’ai admiré de tous mes yeux les jolies maisons en briques, le vert de la végétation, l’aspect souvent propret et nordique, sans poussière, sans soleil qui brûle, des rues, le caractère « Europe du Nord », qui fait que je me sens plus chez moi, au sens de plus près de mes origines, en Belgique ou au Danemark, qu’à Bordeaux, qui est pourtant une ville que j’adore. Vraiment, j’adore Bordeaux et l’Aquitaine, je m’imagine sans peine y passer le reste de ma vie si les choses se passent ainsi, mais une partie de mon coeur bat encore pour les façades de briques du Nord, la lumière un peu froide même en été, et tout ce qui va avec…Je pense que je serai toujours une fille du Nord plutôt qu’une Bordelaise, et ça ne me pose aucun problème.

Fin de l’année

J’ai plein de choses à écrire en cette semaine avant les grandes vacances, mais je vais commencer par faire comme l’an dernier une sorte de bilan de l’année passée, entre Juillet dernier et celui-ci.

Pendant cette année:

– j’ai repris l’escalade. Une grande voie très jolie dans les Alpes avec mon chéri pendant les vacances d’été, puis la salle à Bordeaux, puis à nouveau un (tout petit) peu d’extérieur ces dernières semaines. J’ai eu trois nouveaux partenaires d’escalade: ma voisine, (mais qui s’est malheureusement blessée et a dû arrêter), un nouveau collègue, très fou fou, mais bon grimpeur et rigolo, une amie, qui reprend après une grossesse. Avec eux, de très bonnes séances d’escalade, de la rigolade, des instants d’harmonie pure ou de lutte contre la paroi, des moments où le temps se fige pendant que je grimpe. La satisfaction de regrimper pas trop mal, et depuis peu d’arriver à me laisser tomber volontairement (accrochée par une corde bien sûr), pour vaincre ma peur des chutes, et de grimper en premier plus systématiquement. J’espère continuer sur cette lancée à la rentrée prochaine.

– j’ai dormi un peu mieux à partir d’octobre-novembre. Petit Chat a fini par faire ses nuits, un peu contraint il faut bien l’avouer, car nous étions trop épuisés pour continuer à nous lever la nuit. Pendant quelques semaines pas rigolotes nous l’avons laissé pleurer tous les jours au petit matin, jusqu’à ce qu’il décale son heure de réveil. Nous allions le voir pour lui expliquer que c’était l’heure de dormir, puis on récupérait dans notre lit ou sur un petit matelas Petite Sirène, qui partage sa chambre, afin qu’elle puisse continuer à dormir… et on était tellement fatigués qu’on se rendormait bien souvent avant lui.

– j’ai bien profité de ma vie de famille, avec mon chéri et nos deux petits trésors. Beaucoup de bons moments ensemble le week-end, avec rien de spécial, mais juste le bonheur d’être tous les quatre.

– j’ai trouvé une maison. C’est tout nouveau, mais nous avons enfin trouvé la maison de nos rêves. Rétrospectivement, je me dis que nous avons bien fait de ne pas faire trop de compromis dans notre recherche, car nous avons fini par trouver la perle rare, la maison qui nous correspond le mieux. Le seul bémol: nous changeons de quartier, mais pour un autre tout aussi sympa. Il faudra juste essayer de maintenir le lien avec les copains qui habitent dans la rue voisine, et qu’il était très agréable de croiser presque quotidiennement.

– j’ai écrit pour la première fois un article de recherche en deux semaines et demi, et sans coauteur. J’ai décidé de le faire après avoir constaté que sur le sujet en question, d’autres se censuraient vraiment tellement moins que moi… et que je le faisais donc sans doute trop! On verra ce que ça donne. Du coup, je me sens lancée, et j’en écris un autre…

– j’ai continué à faire des tas de muffins aux framboises, et découvert les colorants pour gâteaux, d’où un gâteau au yaourt complètement psychédélique pour l’anniversaire de Petite Sirène. J’ai mangé encore plein de fruits secs, peut-être un peu trop car je fais une petite overdose d’amandes et de raisons secs…

– j’ai repris la course à pied, environ une fois par semaine. Je ne cours pas très vite mais je tiens plus longtemps et j’espère petit à petit, si entretemps je ne m’oriente pas vers la marche nordique, arriver à l’allure de 10km/heure.

– j’ai continué à faire du yoga. Je pratique toute seule, mais ça compte de plus en plus pour moi. Je n’arrive pas à mesurer à quel point ça me change, mais par exemple, j’ai de plus en plus de réticence à boire de l’alcool, juste comme ça, pendant un repas. J’aime toujours certains verres, notamment un cocktail bien frais à l’apéro, mais je suis de plus en plus difficile sur les autres.

– j’ai commencé à lâcher du lest à propos de ma relation avec ma mère. Ca a été vraiment douloureux, ça l’est encore, et je ne sais pas bien quel chemin cette relation va prendre, mais j’ai (enfin) compris que je n’avais pas de devoir moral à avoir coûte que coûte une bonne relation avec elle, et que je ne pouvais pas la forcer à avoir davantage d’intérêt pour ma vie.  La plupart du temps, je suis une adulte à peu-près raisonnable et responsable, mais parfois je me sens encore comme une petite fille qui manque d’attention de la part de sa maman. Je ne sais pas quel chemin j’aurais suivi sans ces circonstances, mais je suis contente de m’en sortir pas trop mal, et j’essaie de me dire que ce genre de faiblesse peut aussi être aussi un moteur dans la vie.

– j’ai repris des leçons de conduite pour passer le permis. Depuis deux semaines je conduis en conduite accompagnée (supervisée en fait, c’est la même chose mais en plus court) avec mon chéri. Les séances de conduite sont souvent un peu tendues, mais je pense que ça va aller mieux peu à peu, avec la pratique.

– j’ai découvert l’école maternelle par le biais de Petite Sirène. Beaucoup trop de choses à en dire, mais globalement, je suis très contente que ma petite chérie s’y soit bien plu et y ait appris plein de choses.

– j’ai observé le développement de la relation entre Petite Sirène et Petit Chat. Très très mignons ensemble la plupart du temps. Ils s’aiment beaucoup ces deux là, même s’ils se chamaillent déjà un peu. Ils nous font beaucoup rire, et se font rire mutuellement encore plus.

– j’ai trouvé un chouette groupe de copines avec l’antenne locale de « Femmes et Science ».

Pour l’année prochaine, je me souhaite: toujours autant de bonheur avec mon chéri et les enfants, réussir le permis, avancer suffisamment ma recherche pour préparer l’habilitation à diriger des recherches, grimper régulièrement, continuer le yoga et reprendre la piscine, vendre dans de bonnes conditions notre appartement, et nous installer dans notre nouvelle maison…Profiter de bons moments avec ma famille et mes amis…

A la plage mardi

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Mes amours à la plage: le grand qui est ravi de refaire du surf, les deux petits qui découvrent les joies de l’océan et du sable avec leur papa.

D’ici quelques années, si nos rêves se réalisent, le week-end on partira au bord de la mer tous ensemble, et on dormira dans notre futur van le soir pour profiter le plus possible.

Coquetterie

Voilà une petite série de réflexions sur… les fringues!

Tout d’abord, j’ai beau m’en défendre, mais je suis plutôt coquette. Ou plutôt: j’adore les vêtements. En classe prépa, je me changeais tous les soirs entre la fin des cours ou les heures de colles, et le moment d’aller à la cantine de l’internat. Ca me paraissait naturel, mais les mecs de ma classe pensaient que je mettais deux tenues différentes par jour et m’avaient surnommé Amidala, à cause des premiers épisodes de Star Wars qui venaient de sortir, avec la reine Amidala et ses tenues magnifiques. J’avoue, ça ne m’avais pas DU TOUT dérangée  d’être comparée à Natalie Portman, même si la ressemblance était bien mince! Quelques années après, en thèse, j’ai fêté mes premiers salaires en m’achetant une nouvelle robe par semaine pendant un ou deux mois. Depuis, je fais en sorte que mon placard n’explose pas, mais je continue à adorer les robes. Il m’arrive de me changer plusieurs fois par jour quand je suis à la maison: j’essaie des trucs, je m’adapte au temps, à mes envies de confort… Bref: je ne me maquille pas, je me coiffe à peine, mais j’adore les vêtements.

Dans ma vie de tous les jours, je dissocie très aisément mon envie de me sentir bien habillée et la pression que les femmes peuvent recevoir sur leur physique. C’est-à-dire que je m’habille par pur plaisir pour moi, et très peu pour les autres, à part mon Chéri. Evidemment, si une copine, voire quelqu’un d’autre me fait un compliment, ça me fait plaisir, mais je ne le recherche pas. Je pense que ça date de mes années avec quelques kilos de trop. A cette époque, j’adorais déjà les robes, et elles présentaient l’avantage de cacher un peu mon point faible (qui est toujours mon point faible d’ailleurs): mes jambes. J’étais alors frustrée et un peu malheureuse de mon embonpoint, mais j’aimais quand même m’habiller, et je comptais sur des jupes ou des robes bien coupées pour me mettre tout de même en valeur. Maintenant, je me sens mieux dans ma peau, je fais des efforts pour mon apparence, mais je suis loin de me rendre malade à ce sujet. Par contre, je déteste me sentir mal habillée, avec des vêtements que je n’aime pas, ou qui selon moi ne me vont pas.

Plus jeune, mes goûts étaient assez baroques. Par exemple, en prépa (scientifique, donc en principe, dans un milieu très conformiste pour le style vestimentaire), il m’arrivait de porter un paréo bleu et rose en jupe, tenu par une épingle à nourrice, avec un Tshirt rose et un gilet bleu assortis. J’avais toute une série de robes indiennes, dans des tissus chamarrés, que je portais avec des écharpes en velours ou tricotées par ma mère. J’adorais ces robes, et je regrette ne ne pas les avoir gardées quand elle se sont usées…

Cependant, depuis que Petite Sirène est là, je redécouvre à travers la manière dont elle s’habille l’élégance de la simplicité vestimentaire. Pendant des années, j’ai essentiellement boudé les Tshirt et les jeans, mais je la trouve tellement jolie habillée comme ça que ça me donne envie de l’imiter. Dans mon placard cohabitent donc mes robes colorées, et des jeans et Tshirts tous simples, que je porte en alternance suivant l’inspiration du matin…

Toujours à propos de Petite Sirène, maintenant qu’elle a quatre ans, elle devient assez coquette aussi. Certainement un peu à cause des copines de l’école, et aussi beaucoup en imitation de sa maman: elle choisit longuement ses vêtements, fait des essayages, mais également se coiffe tous les jours avec des barrettes et des serre-têtes, réclame des boucles d’oreille, du vernis à ongles et du maquillage…Pour le maquillage et le vernis, je suis assez stricte: uniquement pour les fêtes. Par contre, avec son papa nous lui avons promis de lui percer les oreilles cet automne, parce qu’elle en avait vraiment très très envie, et que nous nous sommes rendu compte  que beaucoup de petites filles de sa classe en avaient déjà, sans que cela ne semble poser problème.

Pour ma fille, je suis partagée entre l’idée qu’un peu de coquetterie n’est pas un vilain défaut, et que si je suis moi-même coquette c’est assez naturel qu’elle m’imite, et le souci de ne pas l’amener à survaloriser la beauté physique. Il y a un tel modèle dominant de « jolie petite fille » mais qui ne fait rien d’autre que ça… Je ne veux pas que ma fille tombe dans cet écueil. Ca ne m’embête pas du tout que Petite Sirène soit jolie, se trouve jolie ou cherche à être jolie, mais tant que ça ne se fait pas au détriment d’autres aspects de son développement. Je souhaite qu’elle courre, joue, teste des trucs, qu’elle n’hésite pas à se barbouiller, à crier plutôt qu’à minauder…

Début de l’été

C’est un titre qui ne veut pas dire grand chose, car il se passe juste plein de petits trucs comme dans toutes les familles:

Petite Sirène ne porte plus de couches la nuit. il y a pas mal de petits accidents, mais on est vraiment sur la bonne voie, car elle est décidée. Donc on profite du beau temps pour laver et relaver des draps si besoin…

Petit Chat a une grosse angine depuis deux jours. Il a visiblement très mal à la gorge, et ça fait peine pour lui. Sinon, de manière générale, il est très très mignon en ce moment. Il adore faire des petites blagues, et rire aux nôtres. Le matin quand j’essaie de faire des Salutations au Soleil pour me réveiller, il essaie de m’imiter, et le fait avec beaucoup de conviction. D’ailleurs, Petite Sirène m’a aussi emprunté mon bouquin de yoga l’autre jour et tenté de faire des postures à partir des photos. Je lui ai promis qu’on en ferait ensemble bientôt.

Toujours en parlant de yoga, j’ai acheté un nouveau livre pour varier un peu ma pratique. J’essaie de réussir de nouvelles postures, par exemple, celle sur la tête, que je travaille peu à peu. Je n’avais jamais osé m’y lancer avant, c’est curieux. Bon, c’est plus pour m’amuser que pour vraiment progresser, même si je sais que c’est une posture super importante. D’ailleurs, ce qui me manque en ce moment et que je devrais plutôt travailler, c’est la concentration. Le livre, c’est la « Bible du yoga », de B.K.S. Iyengar. C’est très très très complet, et je pense que c’est plus un livre à lire en parallèle d’un vrai cours que pour pratiquer tout seul.  Il y a d’ailleurs dans ce livre des postures et des techniques de respiration très poussées. Mais bon, comme j’ai des objectifs très modestes en terme physique, ça ne m’inquiète pas trop. J’espère juste réussir à faire plus de postures, et un peu de respiration de manière régulière.

La préface de ce livre a été écrite par Yehudin Menuhin. Il y a un passage que j’aime beaucoup:

 » La pratique du yoga au cours des quinze dernières années m’a convaincu qu’à la plupart de nos attitudes fondamentales envers la vie correspondent des expressions physiques de notre corps. Ainsi le sens de la comparaison et de la critique se développe en cherchant à aligner le côté droit et le côté gauche à un degré de précision tel qu’un ajustement encore meilleur est toujours possible; la formation de la volonté commence par l’étirement du corps tout entier des orteils au sommet de la tête, en défi à la pesanteur. L’élan et l’ambition peuvent être découverts par la sensation du poids et de la vitesse que donne le libre balancement des membres, tandis que l’aplomb sera acquis par le contrôle de l’équilibre prolongé sur un pied, les deux pieds ou les mains. La ténacité s’obtient en gardant les différentes postures de yoga, en étirement maximum pendant de longues minutes, et la sérénité vient en s’exerçant à respirer de façon calme et régulière en ouvrant au maximum la cage thoracique. L’harmonie et le sens de l’universel viennent avec la prise de conscience de l’alternance inéluctable de l’activité et de la passivité en rythmes éternels dont chaque inspiration et chaque expiration forment un cycle parmi les innombrables myriades d’ondes ou de vibrations qui constituent l’univers. »

Ce texte me parle à ma petite échelle de pratiquante néophyte, parce que j’observe, sans bien le comprendre, qu’effectivement, faire du yoga me change et me fait du bien. Comme je ne suis pas très avancée dans ma pratique, mes observations sont moins détaillées que celles de Yehudi Menuhin, mais je comprends ce qu’il veut dire. Et puis, je trouve cela poétique de pouvoir associer des propriétés mentales à des actions physiques. Ca a presque un côté « conte de fées », mais que je pense réel, même si je n’arrive pas à l’exprimer mieux…

A part ça, nous avons fêté notre premier anniversaire de mariage. Ou plutôt, mon chéri avait prévu une petite sortie romantique sur un bateau, qui a été reportée à cause de la chaleur, et à la place nous sommes allés manger dans un petit restaurant à Bordeaux. Dans tous les cas, c’était chouette de sortir tous les deux.

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