Ecole d’été

Je passe une semaine à la montagne, dans l’Ecole de Physique des Houches, près de Chamonix, à écouter des exposés sur un thème proche d’un de mes sujets de recherche. L’organisation est super, les exposés plutôt intéressants et variés. Je ne connais pas très bien la communauté qui se retrouve ici, mais j’aime plutôt bien rencontrer de nouvelles têtes. A noter que les mathématiciens ne sont pas toujours super liants, et qu’il faut donc faire un effort pour lancer des discussions. Je suis moi-même un peu timide, mais je fais des efforts.

Aujourd’hui j’ai fait une chouette balade en montagne, toute seule. J’avais envie de profiter du paysage, de manière un peu contemplative. D’habitude, je n’ose pas trop me balader toute seule, mais là, il y avait plein de sentiers de balade assez fréquentés, et j’étais détendue. J’ai marché beaucoup plus que prévu: 5 heures au total, et comme je n’ai pas fait beaucoup de sport ces derniers mois, c’était un peu dur pour mes jambes. Une partie du chemin se fait sur une crête, avec une vue panoramique sur les montagnes autour, puis on descend à flanc de montagne par un petit sentier escarpé. J’ai adoré.

Petit souci à l’arrivée: je me suis rendue compte que quelques vaisseaux de la cicatrice de mon opération avaient un peu saigné. Ce n’est pas préoccupant d’après le chirurgien, mais c’est désagréable, car je préfèrerais oublier complètement cette opération. Et donc, je suis à nouveau très motivée pour me faire ré-opérer vite, afin de pouvoir tourner la page. J’en saurai plus fin Septembre.

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Dans l’eau

Je profite de ces jours de reprise tranquille pour aller à la piscine. Là où je travaille, il n’y a presque personne en ce moment. Je mange assez vite le midi (et plutôt seule, ce qui ne me gêne pas du tout en cette période estivale), et je m’échappe très tôt pour aller faire des longueurs dans le magnifique bassin olympique en plein air.

J’alterne crawl et brasse. J’ai plaisir à sentir que mon souffle est revenu. Je n’ai pas encore  retrouvé la sensation de glisse que j’avais il y a quelques années, avant la naissance des enfants, mais les longueurs passent comme dans un rêve. J’en ressors un tout petit peu lasse et complètement détendue. Idéalement, je ferais ça tous les jours, pour flotter sur un petit nuage.

Après les longueurs, je me laisse couler dans l’eau, je flotte, je plonge comme un canard, je nage en rasant la mozaïque du fond. Ce sont des sensations très agréables, qui me reviennent de mon enfance, des journées passées à me baigner dans la mer ou dans une piscine, juste pour le plaisir et pour le jeu. C’est drôle, avant cet été, je ne pensais plus vraiment à m’amuser de la sorte. Je crois que c’est le fait que ma fille découvre les joies de l’eau cette année qui m’a rappelé ces souvenirs. D’ailleurs, le surnom de Petite Sirène que je lui avais choisi pour ce blog lui convient parfaitement: cette petite demoiselle adore nager et jouer dans l’eau. Elle a en permanence quand elle se baigne un sourire plein de joie  sur le visage, et je suis très heureuse de partager ça avec elle.

L’été qui suit

Juste après mon dernier post, j’ai eu encore quelques soucis de santé: on m’a découvert une tumeur à la vessie, je me suis fait opérer pour l’enlever et analyser ce que c’était: ouf, une tumeur musculaire bénigne.

Une autre opération est sans doute à prévoir pour terminer de l’enlever, mais ce n’est pas très important. Après plusieurs semaines assez stressantes, j’étais tellement contente d’apprendre que ce n’était pas grave… Depuis, j’ai repris tranquillement le travail, sans forcer, parce qu’entre la pneumopathie, le stress et l’opération, j’étais un peu sur les rotules.

Maintenant, ça va mieux. Je peux refaire une journée normale, refaire du sport. J’ai à nouveau envie de faire plein de choses, ce qui est bon signe, car ça m’était un peu passé avec la fatigue. Il ne faut pas que je m’épuise à nouveau, mais je suis contente que cette énergie revienne.

Pour m’aider, j’ai décide de faire de la sophrologie. J’écoute tous les soirs, ou presque, un enregistrement. Dessus, il y a des choses basiques: de la respiration, de la relaxation, de la prise de conscience, très proches de ce que je peux faire toute seule avec le yoga, mais écouter une voix qui me guide et me permet de vraiment me concentrer, ça fait la différence.

J’essaie aussi de simplement mieux vivre ma vie de tous les jours. M’imposer moins de choses, et plus apprécier celles que je fais. J’espère que je vais y arriver. Pendant l’attente des résultats pour la tumeur, je n’étais pas complètement paniquée, parce que les médecins m’avaient dit qu’à mon âge, il y avait peu de chances que ce soit un cancer, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit bilan de ma vie. Je me suis dit que je n’avais pas vraiment de regrets derrière moi: j’ai une famille que j’aime, aussi bien mes enfants, mon chéri, que mes parents, mes soeurs…Je me sens bien entourée de mes amis, j’aime mon travail, j’aime mon environnement…Par contre, je me suis dit que je voudrais réussir à mieux vivre les moments moins faciles, parce qu’il y en a forcément… et moins me stresser dans ma vie de tous les jours, pour ne pas me retrouver dans cet état d’épuisement mental et sans doute physique qui m’a peut-être menée à tomber malade. D’un autre côté, cette pneumopathie m’a permis de découvrir une tumeur qui m’aurait sans doute gênée dans le futur.

Je cultive aussi mon jardin, au propre comme au figuré: je chouchoute mon potager, qui donne: pommes de terre, haricots verts, tomates cerises, concombre, courgette, potimarron, radis, le  tout en petite quantité, à part les courgettes. Je travaille la guitare tous les jours, je lis des livres qui me font réfléchir, et j’essaie de nouvelles recettes de cuisine. Plus important: j’essaie de passer le plus possible de bons moments avec mes enfants, tranquillement, et j’essaie de mieux communiquer avec mon chéri pour éviter des incompréhensions ou frustrations bénignes mais parfois un peu usantes.

Pneumo

J’écrivais il y a un mois que j’avais la santé. Eh bien pas tant que ça: juste après, j’ai attrapé une pneumopathie, qui a mis un peu de temps à être diagnostiquée comme il faut. Résultat: après trois semaines HS ont suivi deux semaines d’arrêt maladie, et en tout plus de trois semaines d’antibios variés. J’attaque ma deuxième semaine à la maison, et même si je suis encore crevée, ça va beaucoup mieux, je me sens vraiment sur la voie de la guérison. Heureusement, vu la quantité d’antibiotiques que j’ai pris.

Je suis surtout contente d’aller mieux, et de pouvoir me reposer. Au début, je pensais que j’arriverais à travailler chez moi, mais en fait, j’ai surtout besoin de récupérer, et ça implique de passer des heures à ne rien faire, allongée sur mon canapé. J’en ai pris mon parti, et j’écoute de la musique en griffonnant des choses, ou alors je fais simplement de la respiration façon yoga pour me détendre et m’aider à récupérer. Je le prends comme un temps nécessaire, en espérant qu’il ne sera pas trop long…

Mon père me dit que si je suis tombée malade, c’est que j’avais accumulé trop de fatigue depuis trop longtemps. Difficile de savoir, mais c’est bien possible. Je me sentais fatiguée, physiquement et moralement. Je sentais confusément qu’il fallait que je change quelque chose, mais sans réussir à identifier quoi. L’avantage d’être vraiment obligée de m’arrêter, c’est que je peux mettre en pause tous les trucs qui d’habitude remplissent les semaines et font écran à mes réflexions.

J’ai envie de guérir, et ensuite de m’amuser. J’ai envie d’avoir moins de devoirs et plus de joie dans ce que je fais. J’ai envie d’assumer le fait de ne pas tout bien faire, de rater des trucs. J’y arrivais bien il y a deux-trois ans, et puis j’étais passée à un mode de vie plus perfectionniste, et en fait, ça ne me va pas. Ca me bouffe une sorte de force vitale.

Une liste

Comme je l’écrivais dans le post précédent, ces derniers mois je ne me sens pas très confortable dans ma peau. Sans raison bien claire: j’ai un mari chouette, des enfants très mignons, un boulot que j’aime, une belle maison, la plupart des gens qui me sont proches ont la santé et moi aussi…C’est quelque chose de diffus, comme un beau tableau qui serait accroché de travers. Je n’ai pas envie de changer ma vie de fond en comble, mais c’est comme si je devais trouver un moyen de la ré-habiter avec enthousiasme, au lieu de me sentir mécontente de moi.

Cette période d’interrogation est sans doute nécessaire. Je ne suis pas vraiment inquiète: je sais que je vais finir par en sortir, mais j’aimerais bien que ça arrive vite. J’ai une sorte de culpabilité à ne pas me sentir bien, alors que j’ai beaucoup de chance, et je n’aime pas trop me plaindre sans raison (même si ce blog me sert d’exutoire, donc je dois en parler ici beaucoup plus souvent que dans le reste de ma vie…).

Et l’autre jour j’ai eu une idée: au lieu de penser à ce qui va, ou qui ne va pas, je vais plutôt faire la liste de ce que je n’ose pas faire. Dans tous les domaines. Pour identifier mes peurs, celles qui ne sont pas très rationnelles, mais qui me bloquent peut-être, et qui me font me sentir peu satisfaite de moi quand je leur suis confrontée. Il y en a qui sont très très personnelles, trop pour que je les écrive ici. Mais par exemple il y a

  • faire des chutes en escalade
  • exprimer mon désaccord ou ma gêne plus clairement lorsque le cas se présente
  • parler de ce qui me plait même si je suis minoritaire
  • demander quelque chose en étant vraiment incertaine de la réponse
  • montrer plus clairement mon affection à des personnes que j’aime bien, sans avoir peur d’être rejetée
  • parler de mes envies et de mes idées en recherche

Je vais continuer cette liste dans un cahier, et je vais essayer de m’attaquer à certaines d’entre elles.

Guitare oh ma guitare

J’ai donc pris l’habitude de jouer un peu tous les jours. J’ai fait des progrès, mais c’est très lent. Ca m’est vraiment égal. Je suis juste contente d’entendre les accords ou les notes sonner un peu mieux, et de sentir mes doigts se poser plus aisément sur les cordes. C’est ce que je préfère faire le soir en ce moment, je crois.

Tout à l’heure, je suis allée à l’escalade. En voiture, depuis la fac, j’ai mis dans l’autoradio le CD « The Wall » de Pink Floyd. Je ne l’avais pas écouté depuis un bon moment. Alors que j’ai dû l’écouter tous les jours pendant mon année de terminale, sans jamais m’en lasser. D’ailleurs, je ne m’en lasse toujours pas. Je connais les paroles par coeur, même 20 ans près, et la musique me touche toujours autant. En l’écoutant, je me sens si peu différente de celle que j’étais alors. Moins à fleur de peau, plus heureuse qu’à l’époque, c’est sûr. Un peu plus fatiguée peut-être aussi, un peu moins vivante? En ce temps, j’étais assez souvent malheureuse (mais pas que), à cause de problème familiaux, mais j’étais également bien plus consciente de moi même que maintenant, et ça c’était pas mal.

Ces derniers mois, je me sens un peu différente d’avant. J’ai l’impression d’être faible, physiquement et moralement. J’ai l’impression de ne jamais être satisfaite de ce que je fais. Du coup, j’essaie de faire plus de choses dont je pourrais contente, mais ça ne marche pas. C’est bizarre, parce qu’il me semble qu’il y a un an à peine, je me sentais plutôt forte, et j’étais contente de la manière dont je faisais les choses dans ma vie. Qu’est-ce qui s’est passé?

L’autre jour, je me suis tout simplement demandé qu’est ce que je pourrais faire qui me rendrais vraiment contente de moi-même, et en fait je ne sais pas. Peut-être faire de gros progrès en escalade, mais ça me demande un engagement mental vraiment très fort. A part ça, je ne sais pas…Ca ne sert donc à rien de faire cette surenchère débile d’efforts. Je ferais mieux de simplement chercher à m’apaiser, à souffler, à arrêter de tout vouloir bien faire. J’aimerais comprendre ce qui se passe dans ma tête, et je pense que je vais aller voir une psychologue pour m’y aider.