L’été qui suit

Juste après mon dernier post, j’ai eu encore quelques soucis de santé: on m’a découvert une tumeur à la vessie, je me suis fait opérer pour l’enlever et analyser ce que c’était: ouf, une tumeur musculaire bénigne.

Une autre opération est sans doute à prévoir pour terminer de l’enlever, mais ce n’est pas très important. Après plusieurs semaines assez stressantes, j’étais tellement contente d’apprendre que ce n’était pas grave… Depuis, j’ai repris tranquillement le travail, sans forcer, parce qu’entre la pneumopathie, le stress et l’opération, j’étais un peu sur les rotules.

Maintenant, ça va mieux. Je peux refaire une journée normale, refaire du sport. J’ai à nouveau envie de faire plein de choses, ce qui est bon signe, car ça m’était un peu passé avec la fatigue. Il ne faut pas que je m’épuise à nouveau, mais je suis contente que cette énergie revienne.

Pour m’aider, j’ai décide de faire de la sophrologie. J’écoute tous les soirs, ou presque, un enregistrement. Dessus, il y a des choses basiques: de la respiration, de la relaxation, de la prise de conscience, très proches de ce que je peux faire toute seule avec le yoga, mais écouter une voix qui me guide et me permet de vraiment me concentrer, ça fait la différence.

J’essaie aussi de simplement mieux vivre ma vie de tous les jours. M’imposer moins de choses, et plus apprécier celles que je fais. J’espère que je vais y arriver. Pendant l’attente des résultats pour la tumeur, je n’étais pas complètement paniquée, parce que les médecins m’avaient dit qu’à mon âge, il y avait peu de chances que ce soit un cancer, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit bilan de ma vie. Je me suis dit que je n’avais pas vraiment de regrets derrière moi: j’ai une famille que j’aime, aussi bien mes enfants, mon chéri, que mes parents, mes soeurs…Je me sens bien entourée de mes amis, j’aime mon travail, j’aime mon environnement…Par contre, je me suis dit que je voudrais réussir à mieux vivre les moments moins faciles, parce qu’il y en a forcément… et moins me stresser dans ma vie de tous les jours, pour ne pas me retrouver dans cet état d’épuisement mental et sans doute physique qui m’a peut-être menée à tomber malade. D’un autre côté, cette pneumopathie m’a permis de découvrir une tumeur qui m’aurait sans doute gênée dans le futur.

Je cultive aussi mon jardin, au propre comme au figuré: je chouchoute mon potager, qui donne: pommes de terre, haricots verts, tomates cerises, concombre, courgette, potimarron, radis, le  tout en petite quantité, à part les courgettes. Je travaille la guitare tous les jours, je lis des livres qui me font réfléchir, et j’essaie de nouvelles recettes de cuisine. Plus important: j’essaie de passer le plus possible de bons moments avec mes enfants, tranquillement, et j’essaie de mieux communiquer avec mon chéri pour éviter des incompréhensions ou frustrations bénignes mais parfois un peu usantes.

Pneumo

J’écrivais il y a un mois que j’avais la santé. Eh bien pas tant que ça: juste après, j’ai attrapé une pneumopathie, qui a mis un peu de temps à être diagnostiquée comme il faut. Résultat: après trois semaines HS ont suivi deux semaines d’arrêt maladie, et en tout plus de trois semaines d’antibios variés. J’attaque ma deuxième semaine à la maison, et même si je suis encore crevée, ça va beaucoup mieux, je me sens vraiment sur la voie de la guérison. Heureusement, vu la quantité d’antibiotiques que j’ai pris.

Je suis surtout contente d’aller mieux, et de pouvoir me reposer. Au début, je pensais que j’arriverais à travailler chez moi, mais en fait, j’ai surtout besoin de récupérer, et ça implique de passer des heures à ne rien faire, allongée sur mon canapé. J’en ai pris mon parti, et j’écoute de la musique en griffonnant des choses, ou alors je fais simplement de la respiration façon yoga pour me détendre et m’aider à récupérer. Je le prends comme un temps nécessaire, en espérant qu’il ne sera pas trop long…

Mon père me dit que si je suis tombée malade, c’est que j’avais accumulé trop de fatigue depuis trop longtemps. Difficile de savoir, mais c’est bien possible. Je me sentais fatiguée, physiquement et moralement. Je sentais confusément qu’il fallait que je change quelque chose, mais sans réussir à identifier quoi. L’avantage d’être vraiment obligée de m’arrêter, c’est que je peux mettre en pause tous les trucs qui d’habitude remplissent les semaines et font écran à mes réflexions.

J’ai envie de guérir, et ensuite de m’amuser. J’ai envie d’avoir moins de devoirs et plus de joie dans ce que je fais. J’ai envie d’assumer le fait de ne pas tout bien faire, de rater des trucs. J’y arrivais bien il y a deux-trois ans, et puis j’étais passée à un mode de vie plus perfectionniste, et en fait, ça ne me va pas. Ca me bouffe une sorte de force vitale.

Une liste

Comme je l’écrivais dans le post précédent, ces derniers mois je ne me sens pas très confortable dans ma peau. Sans raison bien claire: j’ai un mari chouette, des enfants très mignons, un boulot que j’aime, une belle maison, la plupart des gens qui me sont proches ont la santé et moi aussi…C’est quelque chose de diffus, comme un beau tableau qui serait accroché de travers. Je n’ai pas envie de changer ma vie de fond en comble, mais c’est comme si je devais trouver un moyen de la ré-habiter avec enthousiasme, au lieu de me sentir mécontente de moi.

Cette période d’interrogation est sans doute nécessaire. Je ne suis pas vraiment inquiète: je sais que je vais finir par en sortir, mais j’aimerais bien que ça arrive vite. J’ai une sorte de culpabilité à ne pas me sentir bien, alors que j’ai beaucoup de chance, et je n’aime pas trop me plaindre sans raison (même si ce blog me sert d’exutoire, donc je dois en parler ici beaucoup plus souvent que dans le reste de ma vie…).

Et l’autre jour j’ai eu une idée: au lieu de penser à ce qui va, ou qui ne va pas, je vais plutôt faire la liste de ce que je n’ose pas faire. Dans tous les domaines. Pour identifier mes peurs, celles qui ne sont pas très rationnelles, mais qui me bloquent peut-être, et qui me font me sentir peu satisfaite de moi quand je leur suis confrontée. Il y en a qui sont très très personnelles, trop pour que je les écrive ici. Mais par exemple il y a

  • faire des chutes en escalade
  • exprimer mon désaccord ou ma gêne plus clairement lorsque le cas se présente
  • parler de ce qui me plait même si je suis minoritaire
  • demander quelque chose en étant vraiment incertaine de la réponse
  • montrer plus clairement mon affection à des personnes que j’aime bien, sans avoir peur d’être rejetée
  • parler de mes envies et de mes idées en recherche

Je vais continuer cette liste dans un cahier, et je vais essayer de m’attaquer à certaines d’entre elles.

Guitare oh ma guitare

J’ai donc pris l’habitude de jouer un peu tous les jours. J’ai fait des progrès, mais c’est très lent. Ca m’est vraiment égal. Je suis juste contente d’entendre les accords ou les notes sonner un peu mieux, et de sentir mes doigts se poser plus aisément sur les cordes. C’est ce que je préfère faire le soir en ce moment, je crois.

Tout à l’heure, je suis allée à l’escalade. En voiture, depuis la fac, j’ai mis dans l’autoradio le CD « The Wall » de Pink Floyd. Je ne l’avais pas écouté depuis un bon moment. Alors que j’ai dû l’écouter tous les jours pendant mon année de terminale, sans jamais m’en lasser. D’ailleurs, je ne m’en lasse toujours pas. Je connais les paroles par coeur, même 20 ans près, et la musique me touche toujours autant. En l’écoutant, je me sens si peu différente de celle que j’étais alors. Moins à fleur de peau, plus heureuse qu’à l’époque, c’est sûr. Un peu plus fatiguée peut-être aussi, un peu moins vivante? En ce temps, j’étais assez souvent malheureuse (mais pas que), à cause de problème familiaux, mais j’étais également bien plus consciente de moi même que maintenant, et ça c’était pas mal.

Ces derniers mois, je me sens un peu différente d’avant. J’ai l’impression d’être faible, physiquement et moralement. J’ai l’impression de ne jamais être satisfaite de ce que je fais. Du coup, j’essaie de faire plus de choses dont je pourrais contente, mais ça ne marche pas. C’est bizarre, parce qu’il me semble qu’il y a un an à peine, je me sentais plutôt forte, et j’étais contente de la manière dont je faisais les choses dans ma vie. Qu’est-ce qui s’est passé?

L’autre jour, je me suis tout simplement demandé qu’est ce que je pourrais faire qui me rendrais vraiment contente de moi-même, et en fait je ne sais pas. Peut-être faire de gros progrès en escalade, mais ça me demande un engagement mental vraiment très fort. A part ça, je ne sais pas…Ca ne sert donc à rien de faire cette surenchère débile d’efforts. Je ferais mieux de simplement chercher à m’apaiser, à souffler, à arrêter de tout vouloir bien faire. J’aimerais comprendre ce qui se passe dans ma tête, et je pense que je vais aller voir une psychologue pour m’y aider.

Vendredi soir sur la terre

Pour Noël, j’ai reçu une guitare folk. J’avais envie de m’y mettre depuis un moment, tout en pensant que je n’aurais jamais le temps de le faire.

Finalement, j’ai décidé de m’y consacrer au moins 5 minutes par jour. Ce n’est vraiment pas beaucoup, mais c’était pour que cette nouvelle habitude ne puisse pas être perçue comme une contrainte. En effet, ces 5 minutes,  je peux les trouver tous les jours, même si je croule sous le travail ou d’autres activités. Et donc, passer ces 5 minutes à poser mes doigts sur les cordes est quelque chose d’uniquement agréable. Et ça m’évite de culpabiliser sur le fait de ne pas en faire assez.

Bien sûr, à ce rythme là, je ne vais pas faire de progrès très rapides, mais ça m’est égal. J’ai juste envie d’avoir la satisfaction d’en faire un peu, et que cela devienne un petit morceau de ma vie, et pas juste une lubie très vite abandonnée…

En fait, je devrais faire pareil avec mes papiers: me forcer à les avancer chacun 5 minutes par jour. Je ne sais pas si ça marcherait, mais je pourrais au moins essayer!

Sinon, ce soir mon chéri est à Berlin. Il profite d’une réunion de travail là-bas pour faire un peu de tourisme. Pour ne pas être en reste, j’ai emmené les enfants manger au restaurant en début de soirée. C’était rigolo: la directrice de leur école maternelle était dans le même restaurant, pour passer une soirée avec des copines. Les enfants étaient ravis d’aller lui faire un petit bisou. Et par ailleurs, ils se sont conduits comme des petits anges pendant tout le repas, ce qui n’était pas complètement prévisible, mais très agréable pour moi. Une bonne expérience!

Quelques éléments descriptifs

En vieillissant, on s’accepte de mieux en mieux tel qu’on est, non?

Je suis d’accord, MAIS

Il y a tout de même des jours où c’est plus facile que d’autres.

Je me heurte en ce moment, chaque jour, à mes limites en ce qui concerne l’organisation de mon temps de travail.

Je sais ce que je devrais faire: me concentrer sur les choses essentielles, à savoir, mes papiers à écrire, et passer tout le reste en secondaire. Mais je n’y arrive pas. Je finis même par avoir l’impression que c’est complètement contraire à ma nature, de rédiger un article. Ben voyons…ET je ne comprends pas pourquoi je fais un blocage comme ça dessus. Je n’arrive pas à accorder à cette priorité l’importance qu’elle a.

Ce qui me vaut un peu d’introspection (histoire de perdre encore plus de temps), pour essayer de comprendre ce qui ne va pas chez moi (façon de parler bien sûr). Quelle curieuse mouche me pique et m’empêche de me concentrer juste quand il faut? Quelle envie cachée de ne pas arriver au bout de ce que je veux?

Voilà: en ce moment, j’ai juste l’impression que je n’arrive pas à aller au bout de ce que je veux. En recherche, comme dans ma vie à côté, par exemple en sport. Ca m’énerve. J’aimerais bien réussir à contredire ce trait de caractère.