Une liste

Comme je l’écrivais dans le post précédent, ces derniers mois je ne me sens pas très confortable dans ma peau. Sans raison bien claire: j’ai un mari chouette, des enfants très mignons, un boulot que j’aime, une belle maison, la plupart des gens qui me sont proches ont la santé et moi aussi…C’est quelque chose de diffus, comme un beau tableau qui serait accroché de travers. Je n’ai pas envie de changer ma vie de fond en comble, mais c’est comme si je devais trouver un moyen de la ré-habiter avec enthousiasme, au lieu de me sentir mécontente de moi.

Cette période d’interrogation est sans doute nécessaire. Je ne suis pas vraiment inquiète: je sais que je vais finir par en sortir, mais j’aimerais bien que ça arrive vite. J’ai une sorte de culpabilité à ne pas me sentir bien, alors que j’ai beaucoup de chance, et je n’aime pas trop me plaindre sans raison (même si ce blog me sert d’exutoire, donc je dois en parler ici beaucoup plus souvent que dans le reste de ma vie…).

Et l’autre jour j’ai eu une idée: au lieu de penser à ce qui va, ou qui ne va pas, je vais plutôt faire la liste de ce que je n’ose pas faire. Dans tous les domaines. Pour identifier mes peurs, celles qui ne sont pas très rationnelles, mais qui me bloquent peut-être, et qui me font me sentir peu satisfaite de moi quand je leur suis confrontée. Il y en a qui sont très très personnelles, trop pour que je les écrive ici. Mais par exemple il y a

  • faire des chutes en escalade
  • exprimer mon désaccord ou ma gêne plus clairement lorsque le cas se présente
  • parler de ce qui me plait même si je suis minoritaire
  • demander quelque chose en étant vraiment incertaine de la réponse
  • montrer plus clairement mon affection à des personnes que j’aime bien, sans avoir peur d’être rejetée
  • parler de mes envies et de mes idées en recherche

Je vais continuer cette liste dans un cahier, et je vais essayer de m’attaquer à certaines d’entre elles.

Guitare oh ma guitare

J’ai donc pris l’habitude de jouer un peu tous les jours. J’ai fait des progrès, mais c’est très lent. Ca m’est vraiment égal. Je suis juste contente d’entendre les accords ou les notes sonner un peu mieux, et de sentir mes doigts se poser plus aisément sur les cordes. C’est ce que je préfère faire le soir en ce moment, je crois.

Tout à l’heure, je suis allée à l’escalade. En voiture, depuis la fac, j’ai mis dans l’autoradio le CD « The Wall » de Pink Floyd. Je ne l’avais pas écouté depuis un bon moment. Alors que j’ai dû l’écouter tous les jours pendant mon année de terminale, sans jamais m’en lasser. D’ailleurs, je ne m’en lasse toujours pas. Je connais les paroles par coeur, même 20 ans près, et la musique me touche toujours autant. En l’écoutant, je me sens si peu différente de celle que j’étais alors. Moins à fleur de peau, plus heureuse qu’à l’époque, c’est sûr. Un peu plus fatiguée peut-être aussi, un peu moins vivante? En ce temps, j’étais assez souvent malheureuse (mais pas que), à cause de problème familiaux, mais j’étais également bien plus consciente de moi même que maintenant, et ça c’était pas mal.

Ces derniers mois, je me sens un peu différente d’avant. J’ai l’impression d’être faible, physiquement et moralement. J’ai l’impression de ne jamais être satisfaite de ce que je fais. Du coup, j’essaie de faire plus de choses dont je pourrais contente, mais ça ne marche pas. C’est bizarre, parce qu’il me semble qu’il y a un an à peine, je me sentais plutôt forte, et j’étais contente de la manière dont je faisais les choses dans ma vie. Qu’est-ce qui s’est passé?

L’autre jour, je me suis tout simplement demandé qu’est ce que je pourrais faire qui me rendrais vraiment contente de moi-même, et en fait je ne sais pas. Peut-être faire de gros progrès en escalade, mais ça me demande un engagement mental vraiment très fort. A part ça, je ne sais pas…Ca ne sert donc à rien de faire cette surenchère débile d’efforts. Je ferais mieux de simplement chercher à m’apaiser, à souffler, à arrêter de tout vouloir bien faire. J’aimerais comprendre ce qui se passe dans ma tête, et je pense que je vais aller voir une psychologue pour m’y aider.