Cette année…

Aujourd’hui j’ai annoncé à mon chef que je voulais changer de thèmes de recherche, et donc, d’équipe de recherche. Ca s’est bien passé, mieux que ce que je craignais. C’est un soulagement pour moi. Je vais pouvoir me projeter plus concrètement dans mes futurs projets de recherche, en toute cohérence avec ma situation.

Je suis contente d’avoir enfin franchi ce pas, d’avoir concrétisé mon envie d’autre chose en recherche. J’aurais pu rester encore dix ans sur mes thèmes actuels, sans même m’ennuyer. Mais il m’aurait manqué quelque chose: le sentiment d’être utile, le sentiment d’appartenir à une équipe, ou bien tout simplement celui d’être au bon endroit pour moi.

Je ne m’attends pas à ce que tout soit facile là où je vais, mais j’ai envie que ça marche, envie de me trouver une place, et de faire des choses nouvelles et rigolotes. Je pense que le dialogue sera plus facile que là où j’étais, et c’est très important pour moi.

Sinon, je me suis dit depuis quelques jours que mon grand chantier personnel pour cette année à venir pourrait bien être de réconcilier les différents aspects de ma personnalité. Au moins un peu. J’aimerais bien arriver à faire se recoller, coincider, mon côté timide et réservé, qui ne se sent pas très à l’aise, avec celui qui fonce sans réfléchir, qui parle beaucoup et d’un ton décidé, voire péremptoire. Il y a un dernier moi plus posé, mais pas anxieux, qui ne s’exprime qu’avec certaines personnes. Lesquelles et pourquoi? Il faut que je comprenne pourquoi tel ou tel aspect de moi-même apparait en fonction des circonstances. J’ai besoin de mieux me connaitre, pour me détacher de certains automatismes inconscients, voire même de certains besoins inexprimés, mais qui influent sur mon comportement. Je ne sais pas trop par quoi je vais commencer. Peut-être que je pourrais juste essayer de m’observer, sans me juger, et essayer de comprendre quelles émotions sont en moi, à quel moment, en fonction de quel entourage. Vaste boulot. Je ne cohabite pas trop mal avec moi-même, mais j’aimerais bien mieux me cerner, et ne pas craindre, comme cela m’arrive parfois, de parfois être gouvernée par des peurs ou des ignorances, qui me font agir d’une certaine manière, plutôt que par des décisions conscientes.

 

 

 

 

 

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Rentrée

Je n’ai pas écrit depuis plus de deux mois ici: ça m’a manqué, mais j’avais aussi envie de plus d’activités sans clavier et sans écran.

Les vacances se sont bien passées. On a fait de la montagne, grimpé, vu des amis. Je suis arrivée à la fin de l’année universitaire complètement à fleur de peau, exaspérée, triste et inquiète pour de multiples raisons. Pas malheureuse, mais avec quelques soupapes à relâcher. Et les deux premières semaines à la montagne m’ont fait beaucoup de bien. J’ai oublié sciemment quelques soucis, comme mon amie qui a de gros problèmes de santé, pour lesquels je me sens si impuissante, comme ma mère avec qui il est toujours un peu compliqué de communiquer. Je suis revenue avec l’idée de plus apprécier chaque instant de ma vie, parce que pour le moment j’ai énormément de chance, et que je pense que c’est la seule attitude décente à avoir face à certaines situations dramatiques autour de moi.

J’ai aussi décidé, et ça m’a fait beaucoup de bien, d’essayer de plus accepter mes failles. Par exemple, mon côté bordélique, et le fait que j’aie du mal à me concentrer au boulot. Ma soif d’affection. Mon manque de confiance en moi. J’ai décidé d’essayer d’être moins perfectionniste, et de trouver plus de plaisir à ce que je fais.  Je me suis rendue compte que le meilleur moment pour régler certaines paperasses, certains coups de fils, c’était le matin. Je ne m’autorisais pas à le faire en me disant que ça empiétait sur mon travail. Résultat, la tâche en question était sans cesse repoussée, parce que le soir, je n’ai aucune envie de m’y astreindre. Même mes mails perso, je n’ai aucune envie de les envoyer le soir, et je culpabilise de ne pas les écrire… Alors maintenant, je ferai au meilleur moment pour moi, et le soir, je me reposerai, ou bien je ferai quelque chose qui me botte vraiment. J’ai décidé de moins me poser de questions, sur mon moi, mon surmoi, mon ça et mon ego. Je ne suis pas parfaite du tout, souvent maladroite, et avec des envies très contradictoires. Je suis très certainement une fille très compliquée. Mais y penser n’y change rien. J’ai juste envie d’avancer, d’essayer de faire des trucs,  parce que je me rends compte que les gens que j’admire le plus, sont ceux qui font des choses. Et j’ai décidé de me forcer le moins possible à faire des choses qui m’ennuient, parce qu’il y en a déjà bien assez pour ne pas s’en rajouter, et que celles qui sont inévitables, je dois trouver un moyen de me les rendre plus agréables. J’ai décidé d’accepter que j’ai besoin d’un équilibre entre des choses complètement antagonistes pour me sentir bien, et que j’allais essayer de le trouver exactement comme ça.

Je me sens souvent partagée entre deux tendances contradictoires: ma personnalité calme, douce, qui ne veut pas faire de bruit, et celle qui est menée par des sortes de pulsions, qui a envie d’attirer l’attention sur elle, et s’emporte un peu facilement. Peut-être que si j’essaie de davantage mener ma vie en fonction de mes goûts et de ma sensibilité, je me sentirai plus en accord avec moi-même, et moins tiraillée entre les différents aspects de ma personnalité.