Cette semaine…

… a été bien remplie, aussi bien la journée que les soirées: retour en voiture de Normandie où nous étions pour un mariage, escalade, repas avec un collègue en visite au labo, apéro surprise avec des amis, visite à une autre amie un soir, nuit des chercheurs pour mon chéri…

Au boulot aussi c’est l’effervescence. J’ai plein de chose à faire en recherche, et je suis assez sollicitée pour des trucs plus adminsitratifs, ou tournés vers la vulgarisation. C’est parfois dur de refuser, parce que c’est intéressant, ou bien parce que je me dis qu’il faut participer, et j’aime bien les gens qui me contactent, et avec qui cela implique de travailler…

En fait, j’aime bien avoir plein de trucs à faire. Ca peut me stresser un peu, mais ca me stimule aussi. Je suis assez lente à faire les choses si je n’ai pas de pression externe ou de deadline.
Par contre, le week-end j’apprécie le fait de rester tranquilles tous ensemble. Evidemment, parfois nous sortons, recevons des gens, et c’est très agréable, mais simplement prendre le petit déjeuner sans se presser avec le soleil qui inonde la pièce en ce début d’automne, j’adore. Ce matin j’ai préparé des petits pots, regardé ma fille faire de la peinture, étaler les couleurs avec concentration, joué avec mon bébé, et ca me fait beaucoup de bien d’avoir ces moments tranquilles.
Parfois je me demande à combien d’années de samedi matin paisibles et heureux comme ça j’aurai droit, et j’espère simplement que ça durera le plus longtemps possible.

Publicités

Procrastination

A l’escalade, sur le mur, j’ai du mal à me lancer en tête. Je sais que c’est ainsi que je progresserais, mais je n’ose pas me lancer. Je perds du temps ainsi.
Parfois en recherche aussi, je pense à un résultat, à quelque chose à écrire, et j’ai du mal à m’y lancer. Dans les deux cas, il faut beaucoup d’énergie mentale, de concentration, et parfois j’en manque. Je la fait venir peu à peu, en abordant la paroi/ le problème de maths tout doucement…

Je parle de procrastination, même si ce n’est pas tout à fait le bon mot, pour parler de cet état où j’essaie de faire quelque chose, mais sans être totalement concentrée sur mon objectif.
Maintenant, j’essaie de lutter contre, de me concentrer plus vite. J’essaie de me lancer dedans comme on plonge dans l’eau. Ca marche pas mal, mais je sens que cette aptitude mentale est comme un muscle à travailler. Et pour mes journées bien remplies, j’en ai besoin!!

Incitation à la haine

Aujourd’hui j’ai une sorte de coup de gueule à exprimer: j’en ai marre de ce climat délétère que j’observe dans les media, en tout cas dans la presse, comme je ne regarde vraiment pas beaucoup la télé j’aurai du mal à m’exprimer sur les émissions télé…
Je suis tombée sur la page de garde du « Point », il me semble, qui titrait « Qui sont les vrais rentiers? » suivi d’un début d’énumération: fonctionnaires, professions réglementées…
Je lis souvent des articles du Monde en ligne, ainsi que les commentaires des abonnés, et je suis malheureusement souvent stupéfaite par l’agressivité, le sentiment de mieux savoir que les autres, le ton si catégorique et méprisant, qu’adoptent les commentateurs. Il me semble que l’anonymat permet aux gens de dévoiler des aspects d’eux qu’ils n’oseraient pas étaler publiquement. Je suis persuadée que ce n’est pas l’apanage des abonnés du Monde, je fais simplement cette observation car c’est le journal que je lis le plus.
Le point commun entre ces deux observations? Le clivage, le mépris, la catégorisation systématique. Lire la suite « Incitation à la haine »

Penser ou faire?

Vaste question!
Mais ici, juste une réflexion que je me suis faite aujourd’hui:
il y a peu d’activités où j’arrive à interrompre le flot de pensées disparates qui passe dans mon cerveau: l’escalade, certains moments où je fais de la recherche, ou bien avec mon chéri, … et ceux où je joue avec mes enfants. dans ces moments-là, je suis totalement dans l’instant présent.
Ce n’est pas si étonnant après tout, mais je ne l’avais pas encore remarqué.

Sinon, à propos de l’article précédent, et du choix entre être et avoir: depuis que je suis maman, et encore plus maintenant que j’ai deux enfants, j’ai de moins en moins envie d’avoir des choses. Je ne veux pas me faire passer pour une minimaliste, une ascète: je continue d’acheter des livres, des vêtements, des produits de beauté… mais je me rends simplement compte que ce ne sont pas des achats qui me feront la vie plus belle. Ce n’est pas une robe en plus qui me rendra heureuse, je ne la considère donc plus que comme quelque chose d’agréable, mais pas essentiel. Je ne compte plus sur un achat pour me consoler de quelque chose (sauf une fameuse polaire toute douce quand mon bébé a commencé la crèche…) En fait, c’est très bête à dire, mais je me sens riche et comblée de mes deux enfants et de la vie avec eux.

Terremer, être ou faire?

Pendant mon voyage au Canada, j’ai lu une trilogie de fantasy nommée « Terremer », de Ursula K. Le Guin. Chaque partie conte une aventure d’un mage sur un monde recouvert de mers, avec des îles. L’intrique elle-même est à chaque fois très simple, mais la manière dont les personnages sont présentés est très intéressante. En fait, je pense beaucoup à eux depuis plusieurs jours.

Par exemple, le mage, une fois agé, dit à un moment que, plus jeune, il avait le choix entre être ou faire, et qu’il s’est jeté sur la deuxième possibilité, ce qui l’a entrainé tout au long de sa vie dans des aventures extraordinaires. Mais en définitive, il aspire à être, davantage qu’à faire, et veut simplement retourner se perdre dans les forêts de sa jeunesse.

Il y a une vraie dimension écologique dans ces livres: mers, forêts, ou plutôt je devrais dire qu’il y a un profond respect de la vie qui transparait de tout ce qui est conté, de la manière dont les personnages sont décrits. J’aime aussi beaucoup cette idée du choix entre être et faire, et je me reconnais d’ailleurs dans ce dilemme. En fait, je ne suis pas sûre que je sais simplement être, je cherche toujours à faire des choses, à en faire davantage, et donc ce point de vue de quelqu’un qui aspire à simplement être me paraît un peu étranger, même si je le conçois bien, et attirant. Ca m’a aussi rappelé qu’en général, à notre époque actuelle, et sous nos latitudes, on oppose plutôt être et avoir. C’est très révélateur de nos aspirations et valeurs collectives…