Chaussures, âge de l’attachement

Deux choses qui n’ont rien à voir en cette fin de semaine:

Tout d’abord, après des heures, que dis-je, des journées entières passées sur internet à chercher des chaussures, site par site, marque par marque, des classiques aux émergentes, j’ai fini par me décider suite à une solde très conséquente pour les Kickers sur le site de Sarenza. Une paire de bottes vertes, une paire de ballerines marron, à -40 et -50%, et vraiment des super chaussures…Je n’avais pas eu de Kickers depuis mes années lycées, mais je suis retombée en amour pour la marque en recevant mes deux paires de chaussures. Vraiment belles, d’aspect résistant, et confortables. Je pense que je suis maintenant tranquille pour un petit moment, et c’est tant mieux, car j’en avais marre de chercher, encore et toujours, en hésitant sur le prix, sur la qualité, la couleur… Ben oui, maintenant je veux tout: des chaussures qui me plaisent, solides et confortables. Je suis prête à payer pour ça, mais je ne suis pas toujours sûre que le prix soit synonyme de qualité, d’où ces si longues hésitations.

Sinon, depuis quelques jours, mon petit loulou (Mister Raloulou d’après sa soeur, parce qu’il râle tout le temps (elle exagère un peu!)) pleure le matin quand je le dépose à la crêche, et le soir aussi parfois, quand je viens le rechercher. Là-bas, elles interprêtent ça comme le signe qu’il comprend et ressent de plus en plus de choses. Ca s’accompagne aussi de petits calins, sous forme de coup de têtes brusques et affectueux, de sourires… Parallèlement à ça, je me rends compte qu’il comprend maintenant beaucoup de choses, ce que j’avais du mal à évaluer, car je suis tellement habituée maintenant à parler avec sa soeur que la communication sans langage me parait ardue. Par exemple, ce soir, je lui donnais des cuillères de mon bol de soupe, qu’il mangeait avec beaucoup beaucoup d’enthousiasme, et à un moment, je lui ai montré mon bol vide en lui disant que la soupe était finie. Il s’est mis à pleurer, puis a essayé d’attraper le bol de sa soeur. Tout à l’heure également, au parc, il a reçu un petit coup involontaire d’un petit garçon, le papa de ce petit garçon lui a dit de faire attention, et je lui ai répondu que ça allait, parce que le mien ne pleurait pas. A ce moment-là précisément, il s’est mis à râler, alors que le coup était advenu 30 secondes avant, sans déclencher de manifestation particulière chez lui.
J’aime voir ses progrès, qui se font en cascade en ce moment. Je me sens de plus en plus proche de lui.

Encore une chose: je ne fais pas autant d’escalade que je le voudrais, car ma partenaire est blessée de manière durable. Je ressens un vrai manque, que j’essaie de combler en courant, mais ça ne suffit pas. Il faut que je trouve quelque chose d’autre à faire pour vraiment me défouler….

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Vernis à ongles

Mes flacon de vernis à ongles se déssèchent dans une boite, je ne prend plus jamais le temps d’en mettre. Pourtant, j’adorais ça, de voir des couleurs vives sur mes doigts. Facile à faire, et tellement joyeux et gratifiant. Mais ça prend beaucoup de temps à faire sécher, et je n’ai pas envie d’être bloquée par ça, avec les doigts en l’air. Ou alors, c’est juste que j’ai la flemme.
A chaque fois que je vois une photo avec une fille qui a un beau vernis à ongles, je me dis que je devrais m’y remettre.
En fait, j’ai envie de passer (un peu) plus de temps à m’occuper de mon apparence. Trouver une coiffure qui me va bien, car en ce moment j’en ai marre de mes cheveux, et je ne sais pas quoi en faire: plus courts, ou plus longs?
Sinon, mon bébé continue de faire de vraies nuits. Je dors tellement profondément, du coup, que ce week-end, je ne l’ai même pas entendu se réveiller. Ca y est, on va pouvoir récupérer peu à peu de ces presque 11 mois un peu éreintants…
Je crois qu’en fait, maintenant que je vais avoir un peu plus d’énergie, il est temps de retrouver une moyen de mettre un petit peu plus de fantaisie dans ma vie…

Je voudrais…

je voudrais une peluche magique à caliner qui me console de la perte de mon cousin

je voudrais une belle journée avec des gens que j’aime, famille ou amis

je voudrais une belle balade en plein air, avec du soleil et l’air d’automne

je voudrais être au bord de la mer et faire du vélo

je voudrais grimper dans des arbres

je voudrais nager dans de l’eau chaude

je voudrais revenir me balader dans les rues de Lille

je voudrais une journée passée à trainer avec de bon bouquins ou une série

je voudrais revivre ces moments un peu fous avec les amis en prépa et pendant la thèse

je voudrais pouvoir dire à certaines personnes à quel point elles ont compté pour moi

Inspiration

Lundi après-midi, j’ai suivi un groupe de travail sur un sujet qui change un peu de mes thèmes de recherche, mais où je trouve ma place car le type de méthodes numériques que je développe peut s’appliquer dans le contexte de ce groupe de travail. Il s’agit d’un groupe de travail Maths-Océan, qui regroupe des physiciens, modélisateurs, mathématiciens, numériciens, mécaniciens..
J’adore ce type de groupe de travail pour plusieurs raisons: tout d’abord parce que les exposés sont très variés, font appel à plusieurs disciplines, ce qui est dépaysant et instructif (et dans le cas présent, les orateurs sont en prime plaisants à écouter), et puis aussi parce que ça me donne plein d’idées pour ma recherche, qui sont directement en rapport avec les exposés, ou pas.
En fait, j’ai l’impression que pendant ce type d’exposé mon esprit se concentre tout d’abord sur l’exposé, se déconnecte un peu des urgences de la journée de travail, des trucs administratifs à faire, et si l’exposé me plait, cela me met dans une sorte de phase créative où plein d’idées fusent. Je les note sur ma feuille, pleine d’enthousiasme. C’est une des aspects de la recherche que je préfère: faire apparaître de nouvelles idées, essayer de penser différemment, de trouver des problématiques intéressantes….

Coup de barre

Ces derniers jours, je suis assez fatiguée. Pourtant, les nuits sont bien meilleures:
réveil du petit schtroumpf (aussi appelé chenille rieuse) entre 5h30 et 6h30, son papa lui amène un petit biberon d’eau et s’en va. Au pire, 5 minutes de pleurs, puis dodo jusque 7h-7h30. Ca devient très raisonnable, et on pense qu’il va peu à peu arrêter de se réveiller au petit matin. Peut-être est-ce parce que je récupère, mais je me sens assez raplapla. Ou alors, deux autres explications: une méthode de contraception qui me réussit mal, et qui me fait avoir mes règles en permanence depuis 5_6 semaines, ou bien la déprime parce que ma partenaire d’escalade s’est fait mal au bras, et qu’elle ne sait pas quand elle pourra reprendre. C’était super sympa de grimper avec elle, et ça me désole vraiment de ne plus avoir nos petites séances du lundi soir.

je me sens aussi, du fait de la fatique, un peu décalée par rapport au monde extérieur. J’ai l’impression d’avoir du mal à exprimer ce que je pense de manière facilement compréhensible pour les autres. Je pense que c’est un problème que j’ai de manière un peu constante, parce que je n’ai pas forcément, je ne sais pas pourquoi, la même manière de m’exprimer, et les mêmes centres d’intérêts que beaucoup de femmes de mon âge. Au travail, je ne ressens pas trop ça parce qu’avec mes collègues, on doit partager, par nature ou déformation professionelle, un certain mode de communication. Mais avec des gens que je ne connais pas bien, j’ai parfois l’impression de ne pas savoir comment m’y prendre.
Je me trouve trop directe, trop premier degré. J’adore l’humour mais j’ai du mal à en faire moi-même. J’aimerais bien être plus subtile, mais ce n’est peut-être tout simplement pas ma nature.

Enfin, je ne me torture pas avec tout ça, c’est juste que parfois j’y pense un peu plus…

Apprendre à renoncer

J’ai envie de faire tellement de choses. Mon chéri me dit souvent que je veux tout à la fois, et que ce n’est pas possible. Je l’entends, et j’essaie de me faire une raison, mais voilà, c’est exactement ça: l’opposition entre le coeur et la raison…
Pourtant, en ce moment, je me rends bien compte que je ne pourrai vraiment pas faire tout ce dont j’ai envie. J’essaie d’améliorer mon efficacité pour me libérer plus de temps actif à faire des choses qui m’intéressent, mais c’est juste que mon temps, mes heures dans la journées, mes journées tout court, sont forcément limitées. Et je sais bien que je ne peux pas non plus remporter toutes mes envies à plus tard: soit plus tard sera trop tard, soit à nouveau je n’aurai pas le temps.
Alors en ce moment j’essaie d’apprendre à renoncer, un peu. Et à profiter sans états d’âme de ce que je peux faire.
Je ne ferai sans doute jamais bien de la guitare, ni de la danse, ni du chinois, je ne ferai certainement pas le tour d’Europe avec un sac à dos, je n’arriverai pas à transformer mon intérieur en quelque chose de blanc, sobre et lumineux, je ne trouverai presque jamais le temps de me mettre du vernis à ongles bien coloré, ni de faire un blog scientifique de qualité. Je ne commencerai peut-être pas non plus de collection de chaussures, et malgré mon envie, le nombre de bonnets, chales et couvertures que je ferai en tricot sera très limité. Mais je sais, par la raison, que les sources de mon bonheur ne se trouvent pas là-dedans.