L’envie d’écrire, les chansons

J’étais un peu à court d’inspiration ces dernières semaines: un peu accablée par le travail en quantité trop importante, un peu trop docile à me laisser déborder…J’ai préparé des cours, répondu à des messages plus ou moins intéressants, préparé des feuilles de TD, corrigé des programmes, discuté avec des étudiants, réfléchi (un peu) à ma recherche, à mes priorités en vue de mon changement de thématique et d’équipe.

Je me suis laissée en quelque sorte assécher par tout ça, à travailler tous les soirs tard pendant des semaines, au lieu de lire, me reposer, faire du yoga…Je ne regrette pas vraiment: ça correspondait aux urgences du moment. Mais j’ai décidé de sortir de ce tunnel pour reprendre contact avec ma vie habituelle, qui est plus équilibrée.

Je relis, j’écoute de la musique, je bavarde avec des collègues, je sollicite mes amis pour faire des sorties et se marrer. J’essaie de secouer le poids des petites préoccupations pas importantes mais qui occupent l’esprit.

Il y a un an environ, je me sentais vraiment forte, pleine de confiance en moi. Et ces derniers temps, tout en étant tout aussi heureuse qu’à l’époque, je me sens un peu moins forte. Je crois que cette période de transition professionnelle, toute positive qu’elle soit, me chamboule un peu.

Il y a aussi la morosité ambiante, due à l’instabilité du monde pas très loin de moi: la Syrie, le futur nouveau président des Etats-Unis, le résultat à venir dans quelques mois de notre propre élection présidentielle, la crise des réfugiés, le changement climatique…. Je me sens très souvent comme à bord d’un train qui aurait déraillé, et dont on ne sait s’il va freiner tout seul ou percuter une montagne.

Je n’ai pas envie de me sentir juste impuissante face à tout ça. J’ai décidé de m’engager un peu, afin de ne pas juste déplorer que les choses aillent mal sans rien faire pour les changer. Je ne peux sans doute pas changer grand chose, mais je peux essayer de rendre le monde un tout petit peu meilleur autour de moi.

Pour le moment, mes efforts sont les suivants:

-J’essaie de ne plus manger de viande: pour des raisons éthiques envers les animaux, mais aussi à cause du poids écologique de la consommation de viande.

-De manière plus générale, j’essaie de vivre de manière plus écologique à travers ce que j’achète, ou n’achète pas, notamment à manger.

-Je me suis inscrite dans un projet de supermarché local coopératif, pour favoriser les circuits courts et moins de pollution.

-J’adore mon métier, mais en dehors du fait de former de jeunes adultes à bien se servir de leur tête, je ne suis pas sûre que c’est à travers lui que j’aurai le plus d’impact sur mon environnement. Ou sinon par mon comportement, s’il est positif pour les personnes autour de moi. Je vais donc essayer de me conduire le mieux possible avec les personnes qui m’entourent, dans mon travail comme ailleurs. Bien sûr, il va y avoir des erreurs, des ratés, mais c’est la dynamique que je veux adopter.

Comme toujours, une fois que j’ai commencé à écrire, mes mots m’emportent d’eux même loin de ce que j’avais initialement prévu de dire.

Ce soir, j’écoutais de la musique (les Enfoirés pour être plus précise), et je me disais que j’avais envie de partager les sentiments que m’inspiraient ces chansons avec d’autres personnes, un peu comme quand j’étais ado et écoutais de la musique avec mes amis. Et je me disais qu’il y avait certainement beaucoup d’autres personnes que ces chansons émeuvent, mais que le fait d’aimer, ou non, une musique donnée, était malgré tout quelque chose de très personnel. Et qu’une autre personne, sensible d’une manière différente, peut ne pas comprendre du tout pourquoi…Alors comment faire pour partager ça?