Encore à propos d’un livre de Mathieu Ricard

Pour le voyage en avion, j’avais chargé sur ma liseuse le livre « Plaidoyer pour le bonheur » de Mathieu Ricard, le moine bouddhiste ayant eu une formation scientifique occidentale dont je parlais il y a quelques posts de ça. Je n’ai pas tout à fait fini ce livre, mais il m’a également beaucoup plu.

Il contient des réflexions sur le bonheur, ses origines, les manières d’y accéder. En particulier toute une série d’analyses des émotions négatives que nous pouvons ressentir et qui nuisent à notre bonheur. L’idée générale que je retiens de ce livre, qui bien qu’inspiré par le bouddhisme peut à mon avis  se lire quelque que soient ses convictions religieuses, c’est qu’avant tout on peut décider d’être (ou plutôt de devenir) heureux, et partant de là, de travailler à son bonheur. Et notamment, par le biais d’un travail sur nos pensées négatives.

Et voilà mes quelques réflexions là-dessus (pas dans le but de commenter une sagesse issue de millénaires de réflexions, façon café du commerce, mais juste ce que cela m’inspire): je pense que certaines personnes sont plus douées que d’autre pour le bonheur. Par exemple, je me suis moi-même beaucoup trop pris la tête, pendant des années, pour des trucs qui n’en valaient certainement pas la peine. Je ressassais des pensées négatives. Et dans mon couple, j’attendais beaucoup trop de mon conjoint qu’il comble tous mes manques et me rassure. Finalement, il y a quelques années, suite à une grosse grosse crise de couple, j’ai fini par comprendre que ça ne marchait pas bien comme ça. Je me suis rendue compte que je tenais trop à celui qui est maintenant mon mari chéri pour le perdre bêtement parce que je n’arrivais pas à sortir de certaines boucles de raisonnement négatif qui me retenaient prisonnière. Après quoi, en très bref, et suite à des ajustements de son côté aussi, nous avons avons acheté notre appartement, décidé de nous marier et eu notre premier bébé: Petite Sirène.

DSC02999
Fresque murale sur Venice Beach

Ce qui a changé en moi consécutivement à tous ces évènements, c’est que j’essaie de profiter du mieux que je peux de ma vie, parce que je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de chance. J’ai aussi compris que mon bonheur dépendait surtout de moi, et, effectivement, que ressasser des pensées négatives n’avait aucune utilité, bien au contraire.  En fait, je crois que c’est le plus gros changement qui s’est produit chez moi: au lieu de cultiver mes angoisses, mes colères, mes rancoeurs, en les convoquant à la moindre occasion pour les examiner de près, et ainsi les cultiver, les faire grandir, j’essaie maintenant dans la mesure du possible de les éviter. (Je n’y arrive pas toujours, mais j’y travaille…).  Et ce que j’observe c’est que ces pensées perdent beaucoup de leur pouvoir si j’arrive à les mettre de côté quand elles arrivent.