Programme de recherche

En ce moment, je me pose des questions sur mon programme de recherche.

La recherche, c’est lent, la plupart du temps. On tatonne, on essaie de comprendre, on essaie de formaliser ce qu’on a compris, on relit pour vérifier qu’il n’y a pas d’erreurs. Et forcémement (dans mon cas au moins, mais je ne suis certainement pas la seule!), il y a des erreurs. De signe, de programmation, de coefficient, de sens…

Tout ça pour dire que même si mon boulot, c’est en grande partie de faire de la recherche, il vaut mieux savoir clairement ce qu’on cherche, et être convaincu de l’utilité (relative), parce qu’on n’a pas de temps en trop pour mener à bien tout ce qu’il faudrait, ou tout ce qu’on voudrait…

Et ces derniers temps, je m’interroge de plus en plus sur l’utilité de ce que je fais, et sur mes priorités scientifiques.

J’ai l’impression qu’on peut travailler pendant des années, si on a le nez dans le guidon et qu’on ne prend pas trop de recul sur ce qu’on fait, sur des choses qui finalement ne sont pas très utiles. Il y a aussi une question de goût propre: certains sujets, certaines techniques, certains styles me font plus vibrer que les autres.

Et tout ça rentre parfois en conflit avec mes recherches actuelles, et les priorités de mes collègues, de mon chef d’équipe. Il faut faire le tri entre des propositions de collaborations qui pourront m’épanouir scientifiquement, et celles qui me feront perdre du temps. Il faut tenir compte du fait que mon chef n’a pas les mêmes goûts que moi, et ne comprend pas forcément mes aspirations, voire m’instrumentalise si ça l’arrange…

Je cherche ces sujets qui m’inspirent, et du temps pour travailler dessus. Les sujets qui m’inspirent, j’en trouve sans peine… En fait, le problème c’est de dégager du temps, de marquer des priorités. De savoir dire non à certaines choses et d’être efficace…

Complicité fraternelle

Nos deux loulous s’entendent très bien. On les entend souvent glousser ensemble, on les voit jouer à se poursuivre, ou se faire un petit calin au moment du réveil. Mais ce soir, nous avons décourvert un nouvel aspect de cette relation frère-soeur privilégiée: la complicité dans les bêtises face aux parents! Ils étaient tous les deux fatigués et s’encourageaient mutuellement dans leurs petites ou grosses bêtises, sans tenir compte de nos gronderies. Un peu pénible pour nous, mais que de belles perspectives pour nous tourner en bourrique de leur côté!

Sinon, nous avons quasiment trouvé la maison qu’il nous faut, mais l’acheteur de notre appartement vient de nous dire que pour le moment, son banquier lui refuse le prêt. Pourtant, il était censé en avoir déjà parlé avec lui, mais il me fait l’impression de ne pas être très rigoureux dans ses propos ou ses démarches. Nous sommes assez décus, surtout pour le temps perdu pour les démarches pour la signature du compromis de vente. Affaire à suivre dans les prochains jours, et qui relance peut-être l’éventualité de faire un prêt relais…

Le (gros) poids dans le matelas qui empêche les mamans de dormir…

Hier j’ai lu le post de Mme Déjantée https://lafamilledejantee.wordpress.com/2015/04/09/nous-sommes-des-menteuses-de-meres-en-filles/ .

Comme beaucoup de femmes visiblement, ce texte m’a beaucoup touchée, bien que je ne me sente pas, en ce moment en moins, menacée par le burn-out maternel. Mais la réflexion sur la culpabilité des femmes de ne pas réussir coller à l’idée de la mère parfaite que la sociéte nous impose, je l’ai absorbée comme une bouffée d’oxygène. J’étais tout simplement heureuse de lire une réflexion lucide et intelligente sur cette question.

Ma mère ne m’a jamais fait croire que le dévouement demandé aux mamans était quelque chose de naturel, de facile. D’ailleurs, ça ne l’était pas pour elle. Pour ma part, je crois très très fermement que mon épanouissement, en tant que personne, ne passe pas par ce rôle de mère totalement dévouée, mais par un équilibre entre les différents aspects de ma vie: famille, boulot, amis, temps personnel, même s’il n’est pas facile du tout de trouver cet équilibre.

Et ce qui me fâche, c’est que depuis que je suis devenue maman, je sens bien que pour beaucoup de personnes, instinctivement, je devrais avant tout me dévouer à mon rôle de maman, quitte à ce que le reste en pâtisse. Par exemple, sous la forme du « les enfants, c’est le plus important, on ne peut pas regretter de se consacrer à eux »… Je suis bien d’accord que mes enfants, avec mon mari, sont les personnes qui comptent le plus pour moi, et je serais prête à me scier un bras pour eux s’il le fallait. Mais en attendant de devoir me scier ce bras, j’ai l’intention de bien vivre, et donc de ne pas sacrifier toutes les autres choses qui ont un intérêt pour moi. Moyennant des compromis, je veux concilier tous les aspects de ma vie.

Je suis régulièrement scandalisée de constater que cette pression ne touche quasiment que les mamans, et pas les papas. C’est un sentiment compliqué, comme le souligne Mme Déjantée, parce que mon mari est un papa dévoué qui trouve naturel de partager les tâches, donc il n’est pas question que ma frustration se reporte contre lui. Mais en même temps je vois bien que nous vivons les choses différemment, parce que le poids de la société s’applique différemment sur nous deux. Pour ne pas laisser la colère m’envahir inutilement, je me raisonne en me disant que globalement, je m’en sors très bien, que je fais de mon mieux avec la situation présente…

Sinon, il y a autre chose, qui m’agace profondément, c’est qu’il n’y a aucune reconnaissance pour tous ces efforts qu’on demande aux mamans. C’est juste « normal ». Et ça je le sens aussi. Depuis que je suis maman, j’ai l’impression que je passe mes journées à essayer de faire de mon mieux, à essayer d’être vraiment efficace, pour m’occuper de mes enfants, pour mon travail, pour être en forme, pour que ma vie de famille se passe bien, mais qu’il n’y a jamais aucun retour qui reconnaisse mes efforts, parce que finalement, m’occuper bien de mes enfants et de ma vie familiale est considéré comme juste normal, et tout le reste comme une sorte de « luxe » qui n’engage que moi. (Enfin, justement, à part mon chéri, qui, s’il n’est pas toujours très loquace, m’aide beaucoup par le regard qu’il porte sur moi…)

Bref, on n’est pas encore sorties de l’auberge!!!!

J’en profite aussi pour écrire que ce blog est justement un instrument qui me permet de rester un peu moi-même: je prends le temps d’écrire ce que je ressens, de réfléchir à comment le formuler. Je condense sur quelques lignes mes émotions, et ça leur permet tout simplement d’exister librement…Ca m’aide à résister à cette pression, à vivre avec calme mes journées…

Ce que je vois de moi…

Suite à mon dernier billet, j’ai continué la réflexion en mon for intérieur à propos de ce qui me rend heureuse.  Cela m’a mené aux pensées suivantes:DSC02674

  • j’ai eu une adolescence vraiment pas agréable, et pendant ces années-là, et longtemps après, j’ai combattu mon mal-être à coup de pensées magiques, et me fixant comme objectif que ça aille mieux plus tard. A posteriori, je pense que j’ai bien fait. Il fallait tenir, et entrevoir quelque chose de positif à l’horizon. Mais en même temps, je me suis accrochée à une idée de bonheur un peu abstraite, que je ne savais pas forcément habiter. Un jour, à la fin de mes études, j’ai expliqué à un psy que j’avais la plupart des choses qu’il me fallait (amis, petit copain, bonnes études, perspectives professionnelles intéressantes), mais que j’étais quand même très angoissée. Peu à peu, j’ai quitté cette angoisse, et j’ai compris un peu mieux comment me sentir bien. Comment me sentir satisfaite des choses heureuses de ma vie, sans en traquer les points noirs. Comment chercher à me rendre heureuse, tout simplement en respectant ma personnalité, mes envies, et en essayant de faire de même pour les autres.
  • Je connais mes faiblesses, et je sais qu’elles ne disparaitront pas avec un coup de baguette magique: j’ai besoin de beaucoup de sécurité affective, j’ai une peur quasi permanente de perdre mes amis, de ne pas compter pour les autres, et en même temps, je suis assez réservée, je n’aime pas exprimer mes émotions, et je suis souvent ma propre voie même si elle diffère de mes voisins. Bon, ça c’est auss une qualité, mais disons que ça n’aide pas forcément beaucoup… Il y a encore quelque temps, j’aurais voulu essayer de gommer tout ça. Maintenant, je me dis qu’il faut surtout que je vive avec, du mieux que je peux. Essayer de me rassurer, et accepter de ne pas toujours y arriver, voire utiliser tout ça comme un moteur.
  • A propos de ces traits de caractère: devenir maman me replonge aussi dans mon enfance. J’essaie de ne pas projeter trop de moi sur ma fille, mais je ne peux pas m’empêcher de nous trouver des points communs assez forts. Et au-delà de ça, observer la petite fille qu’elle est me rappelle celle que j’étais. Je me rappelle que petite, je vivais un peu dans mon monde, j’étais très timide, et très têtue, et pas tout à fait dans la norme. En primaire, je jouais au loup avec les garçons à la récré, parce que je préférais ça à faire de la corde à sauter ou me promener en bavardant comme les filles de ma classe. Je me sentais mieux à courir partout. Depuis, rien n’a beaucoup changé: les discussions de layette m’ennuient vite, je leur préfère un peu de mouvement. Bref. Je me rends compte que la femme que je suis n’est pas si différente de la petite fille de primaire, et ça me trouble. D’autant plus que, comme je l’écrivais au-dessus, j’ai fait beaucoup travaillé sur moi pour me construire une vie heureuse, et ça me parait donc bizarre de me retrouver après ce que je voyais comme une reconstruction, si proche de celle que j’étais initialement.

Pâques à Carcassonne

Et je n’y parlerai même pas d’oeufs!

Le week-end dernier nous sommes partis près de Carcassonne, avec la soeur de mon chéri, et sa famille. Nous logions dans une sorte de très grande maison, presque un chateau, dont nous occupions un grand appartement. Dehors il y avait un jardin très sympa, avec des allées, des chasies et des tables un peu partout, et des plantes en pot. J’y ai bu ma première bière au grand air de l’année, en surveillant Petit Chat qui déambulait partout, pendant qu’un barbecue se préparait. Un moment de pur bonheur. Je n’aime plus beaucoup boire de l’alcool de manière générale, ou plutôt, je trouve que les conséquences en terme de fatigue sont trop pénibles pour mon mode de vie actuel, mais dans certaines circonstances, comme celle-ci, j’apprécie toujours…

Le jardin des chaises...
Le jardin des chaises…

J’ai profité du week-end pour dévorer le dernier roman de Fred Vargas: « Temps glaciaires ». Je suis une inconditionnelle du commissaire Adamsberg, et j’ai beaucoup aimé, même s’il ne s’agit pas de mon préféré de la série. A force de lire des polars, je crois que je deviens très difficile sur la cohérence du scénario. Ou peut-être est-ce une déformation professionnelle, qui me fait vérifier le caractère logique de tout ce que je croise…Il faut que je relise un de ces jours « Pars vite et reviens tard », par exemple, pour voir comment je le situe par rapport à « Temps Glaciaires »…

DSC02610En tout cas, cette immersion dans la lecture m’a fait du bien. Je ressentais le besoin de faire quelque chose de juste plaisant, absorbant, inutile. A certains moments, j’étais tellement plongée dans ma lecture que je n’entendais plus si l’on m’adressait la parole. En principe il n’y aurait pas de quoi être fière, mais comme j’ai souvent l’impression de devoir penser à plein de choses en même temps, d’avoir du mal à me concentrer, je suis contente de m’être retrouvée à fond dans quelque chose.

D’ailleurs, sur la route de Carcassonne, passait à la radio un entretien avec Sylvain Tesson, qui racontait ce qui l’avait motivé à passer 6 mois dans une cabane près du lac Baikal. En gros, il disait qu’être dans la nature, tout seul, avec de l’espace, des livres et du temps pour soi, c’était pour notre époque quelque chose de luxueux. Ces propos ont vraiment résonné dans ma tête. Je pense en effet de plus en plus souvent que le vrai luxe d’une vie, ce n’est pas l’argent qui le procure, mais le fait de passer du temps à faire des choses qu’on aime. De ce point de vue, je suis assez vernie, car j’adore mon travail, et j’adore passer du temps avec ma famille. Mais même ainsi, je me focalise parfois sur des choses pas très importantes, je passe (perds) du temps sur des choses qui ne correspondent pas tant que ça à mes gouts. Alors, oui, bien sûr, il faut être raisonnable, accepter certaines choses un peu déplaisantes parce qu’elle sont nécessaires à plus long terme, mais il y a assurément un équilibre à trouver entre la nécessité de mener sa vie de manière « conforme », attendue par notre société, et suivre nos envies profondes. Voire, il y a aussi un équilibre à trouver aussi entre nos différentes aspirations, qui peuvent être contradictoires.Par exemple, j’adore la nature, je passerais bien la moitié de ma vie à la montagne, à marcher et grimper, mais je ne peux pas non lusme passer de faire des maths. A la montagne, je n’ai pas besoin de grand chose, y compris en terme de relations sociales, par contre, en ville, je passe mon temps à régler ma vie sociale (sans qu’elle soit extrêmement fournie pour autant, avec deux enfants ça devient un peu plus compliqué…)

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