Lavande et Bigaradier

Depuis quelques jours, je me suis mise, assidûment aux huiles essentielles de lavande et de petit grain bigaradier, le soir.

Une pharmacienne, me sentant avide de conseils, m’a donnée un fascicule décrivant une cinquantaine d’huiles essentielles différentes. Bien que sceptique au départ, je suis maintenant plutôt convaincue de l’efficacité de ces petits flacons en cas de rhume en hiver. Et je teste donc l’application dans le creux des coudes, le soir, pour me détendre. La détente, c’est un peu plus subjectif que la disparition des symptômes grippaux, donc difficile de conclure quelque chose. Mais j’aime l’odeur de la lavande et du petit grain bigaradier, et une fois que j’en ai mis, j’ai presque l’impression de me glisser, après un bon bain, dans des draps frais et accueillants. J’ai l’impression de revenir en enfance, à un moment où je me sentais en sécurité auprès de mes parents. Donc j’aime bien.

J’ai commencé à lire le roman de Nick Hornby « Funny Girl ». Pour le moment, j’accroche comme à une bonne série avec des personnages bien construits.  J’arrive à nouveau, depuis trois semaines, à consacrer vraiment du temps à lire de nouveaux livres, et ça me fait du bien.

Sinon, je viens de passer un week-end un peu différent de nos habitudes. Mon chéri est parti faire du bateau avec des collègues, et je suis restée à la maison avec les enfants. Je n’ai pas prévu grand chose, à part un repas avec une copine et ses enfants, mais je me suis laissée porter par les occasions, et finalement, nous avons fait plein de choses sympas: un café près du marché avec une amie et sa fille, un petit tour au parc improvisé, une visite de copains, des jeux dans le jardin, pas mal de discussions, des hamburgers et des frites faits à la maison… le tout sous un beau ciel bleu d’automne.  Très souvent, j’ai l’impression de ne pas réussir à échanger assez avec les gens de mon entourage, et là, curieusement, alors même qu’avec les enfants je n’aurais pas dû avoir beaucoup de disponibilité mentale, j’ai comblé mon besoin de discussion et de contacts humains. C’est peut-être dû au fait que, pour une fois, j’ai décidé de prendre mon temps, et de me relâcher. Je n’ai donc pas fait grand chose, mais ça m’a fait beaucoup de bien….

Bon anniversaire!

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Comme prévu, pas de repas au petit resto japonais près de la fac en amoureux ce midi.

A la place, nous avons dégusté un délicieux reste de pâtes (si si, c’est vrai!) avec des lardons et de la sauge du jardin, et puis mon chéri est resté s’occuper de Petit Chat, et je suis allée travailler.

Mais bon: il y a tout pile deux ans, je disais OUI à l’homme de ma vie. Une folle journée, pleine de bonheur et d’intensité. Nous étions entourés de presque tous les gens que nous aimions, nous étions assommés de fatigue, car Petit Chat n’avait que quelques mois et ne dormat pas encore bien, et nous étions très très heureux.

Malgré mes petites déprimes passagères, que je vais essayer de comprendre et de dissiper, je suis toujours aussi heureuse de m’être mariée à ce garçon rencontré il y a quinze ans dans les couloirs de notre école d’ingénieurs, et de construire une jolie famille avec lui.

Je t’aime mon chéri.

Deux ans!

Ce n’est pas l’âge de Petit Chat, mais notre anniversaire de mariage, qui tombe demain.

Le ci-dénommé Petit Chat ayant de la fièvre ce soir, il y a fort à parier qu’au lieu d’un petit resto demain midi en tête à tête, nous allons plutôt nous relayer demain pour rester en tête à tête avec notre fils. (Décidément, difficile d’être romantique, avec des enfants…).

C’est pas grave, on le fera plus tard ce resto!

En deux ans, ma vie a bien changé. Maison, jardin, nuits plus paisibles, révolte évolution au travail, reprise de l’escalade…

En parlant d’escalade… j’ai grimpé vendredi dernier avec une fille plus forte que moi, qui m’a vraiment motivée à m’engager un peu plus, faire des vols, essayer des voies plus difficiles que d’habitude en tête. Ca m’a fait beaucoup de bien. D’ailleurs, j’ai recommencé ce soir. Je suis contente de constater que je me libère peu à peu de mon appréhension des chute. Et plus généralement, de sentir que je suis davantage encline à m’engager vraiment mentalement. C’est quelque chose que j’ai souvent du mal à faire, en escalade comme dans la vie. Mais il n’est donc peut-être pas trop tard pour changer, jour après jour, voie après voie.

Ces derniers jours, je me sens vraiment à fleur de peau à cause de ma situation au boulot. Je pense que je prends la bonne décision, mais cela entraîne de l’incertitude, du changement. Cela m’inquiète, me sort de ma zone de confort. Ceci dit,  comme pour l’escalade, je pense que c’est une bonne chose de sortir un peu de cette zone de confort. Mais justement, ce n’est pas facile.

J’ai l’impression de m’être laissée infantiliser pendant ces trois années où j’ai essayé de rester dans mon équipe. Je me disais que j’avais plus à perdre qu’à gagner si je partais, qu’il fallait que je m’accommode de la situation. J’ai pris de mauvaises habitudes, en me laissant un peu trop faire, en laissant couler des choses, par peur de me fâcher, par manque d’habitude de protester.  Peut-être que c’était juste le temps nécessaire pour me rendre compte que ça ne marchait pas. Mais je me sens si lente, a posteriori. J’ai l’impression que je prends trop de temps à prendre des décisions, trop de temps à réagir à une situation désagréable.

Je sais bien que c’est le cas: pour des raisons que je n’ai pas envie de détailler, j’ai pris l’habitude, plus jeune, de supporter des choses vraiment désagréables sans oser me plaindre ou protester. Je crois que c’est un peu resté imprimé dans ma tête. Il faudrait que je trouve un moyen pour changer ça. Un moyen pour mieux comprendre ce qui me dérange ou me blesse, quand ça arrive, et pouvoir y réagir plus rapidement.

 

 

Le temps file

Depuis mon dernier post, mon chéri est revenu du Colorado, je suis allée à Singapour, pour une conférence, et mon chéri est reparti deux jours à Paris. Les jours, les semaines filent comme l’éclair, à tel point que je trouve ça inquiétant. Je me demande ce que j’ai fait de mes journées, et est-ce que la manière dont je les ai passées valait le coup, si la perception que j’en ai est qu’elles passent si vite…

Au jour le jour, j’aime bien presque tout ce que je fais. Mais au bout de plusieurs semaines cumulées, si je m’amuse à regarder en arrière, je n’ai pas l’impression d’avoir fait grand chose. C’est sans doute un piège de vouloir faire des chose significatives sur ce genre d’échelle de temps. Mais j’ai l’impression que je me disperse, que je cours après plein de choses. Ce qui est certainement vrai: un travail, deux enfants, un mari, des amis et du sport. Un travail avec beaucoup de variété et dans lequel je m’implique beaucoup. Des enfants avec qui j’aime bien passer du temps le soir et le week-end. Un mari avec qui j’ai envie de partager des choses. Des amis que j’aime bien voir. Du sport pour l’équilibre, pour grimper, pour me sentir bouger. Et j’oubliais le yoga, et la lecture.

Donc, oui, journées bien remplies. Mais pourquoi ai-je cette impression qu’elles passent si vite? Ce n’est pas dû au fait que je ne m’ennuie pas. C’est peut-être plutôt dû au fait que je ne m’arrête jamais pour me laisser vivre. J’enchaine les trucs, sans respirer. Ou alors en faisant quelque chose en même temps, ce qui est contradictoire. Il faudrait que je pense à m’arrêter un peu. A rêver, à me balader tranquillement, à prendre le temps d’exister. D’habitude, j’y arrive pendant les vacances: je ne prends pas mon ordi, et au bout de quelques jours je déconnecte. Je sais que les prochaines vacances me feront du bien. Mais j’aimerais bien avoir aussi cet état d’esprit le reste de l’année. Comment faire?

Il faut que j’y arrive. Ces derniers mois, j’ai l’impression paradoxale d’arriver à être très efficace, et de me dissoudre complètement. La personne que je suis existe indépendamment du nombre de choses que je fais dans la journée, et de ma réussite dans un domaine ou l’autre. J’aimerais être juste satisfaite de moi sans chercher à me prouver quelque chose. Alors que j’ai l’impression de me vider de ma substance, et de chercher à me rassurer sur mon existence comme je peux. En poussant un peu, essayer d’exister sans rien faire de spécial, est-ce que ce n’est pas justement un peu angoissant quand on n’est pas très sûr de valoir quelque chose? C’est plus facile de s’occuper à s’occuper à faire des trucs, ça évite d’y penser et donne l’impression passagère d’être utile. Mais il faut que je me sorte de ça, que je redonne du sens à ce que je fais, et à qui je suis…

 

Bugs et jardinage

Nous sommes rentrés de Lille Dimanche dernier. Les enfants, mon chéri et moi sommes montés dans le TGV à la gare de Lille Europe. Je suis descendue à la gare de Massy-Palaiseau pour aller chez ma soeur, car j’avais une réunion de travail à Paris le lendemain, et le reste de la famille a continué son chemin vers Bordeaux.

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Petite Sirène et Petit Chat dessinent dans le train

J’ai passé une bonne partie de la journée avec ma soeur et son copain. On a papoté, bu du thé, et je me suis préparée pour la journée du lendemain, qui consistait en fait en une série d’auditions pour un poste de maitre de conférences dans un laboratoire de mathématiques. Je voulais connaître tous les dossiers avant d’entendre les gens présenter leurs travaux. L’appartement de ma soeur est un deux-pièces. J’ai donc dormi dans le salon. Vers cinq heures du matin, ma soeur est arrivé avec un sac de couchage: son copain ronflait et elle n’arrivait pas à dormir. On s’est rendormies toutes les deux dans le grand canapé lit. C’était rigolo. J’avais l’impression de revenir à l’époque de notre enfance.

Quand je suis revenue à Bordeaux, j’étais très motivée pour avancer ma recherche. C’était certainement dû au fait que je n’avais presque pas bossé la semaine à Lille, ainsi qu’au fait d’avoir écouté toutes ces auditions, où des jeunes chercheur.se.s passionné.e.s nous présentaient leurs travaux. J’avais envie de me renseigner sur plein de sujets qui avaient été mentionnés lors des auditions, et  que je ne connaissais pas, ou peu. Mais comme je suis – parfois- un être raisonnable, j’ai plutôt cherché à trouver un bug dans mon code de simulation, qui me posait problème depuis, euh…, des mois. Après un jour et demi de lutte acharnée (oui oui, c’est comme ça que je le vis!), j’ai fini par le trouver, et ça m’a procuré un immense soulagement. Déjà parce que la cause de ce bug ne compromettait pas la qualité des résultats déjà obtenus, ce qui est rassurant, et aussi parce que j’ai eu l’impression d’avancer significativement, pour une fois. En recherche on a beaucoup de moments à tatonner, d’autres où on bloque purement et simplement, d’autres encore où on est trop fatigué, découragé, distrait etc, pour se concentrer comme il faut. Et il y a aussi des moments heureux où on comprend quelque chose pour la première fois, ou bien où on résout un problème qui nous a beaucoup donné de fil à retordre. Ils sont moins nombreux, mais très sympas. (Et au jour le jour, il y a, au moins pour moi, la motivation enfantine d’apprendre des choses étranges et amusantes, et d’essayer de résoudre des sortes d’énigmes, qui me pousse au travail le sourire au lèvres presque tous les matins, que je bloque sur ma recherche ou que j’avance…). Après la résolution de ce bug, je me suis attaquée avec plein d’enthousiasme, voire d’euphorie, à une preuve de convergence que j’avais tout juste abordée il y a quelques mois. A l’époque, j’avais griffonné quelques feuilles de papier, et les avais rangées avec l’impression d’avoir bien compris comment aborder le problème. Pourtant, cette fois-ci, non seulement je n’ai pas réussi à me relire, mais j’ai surtout eu l’impression que j’étais à l’époque complètement à côté de la plaque,  et je n’ai pas trouvé la moindre idée pour me débloquer. C’est la vie!

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Le  lilas a fleuri pendant les vacances. C’est ma fleur préférée!

Et ce week-end, nous nous sommes bien activés dans le jardin: mon chéri a passé la tondeuse, j’ai débroussaillé un nouvel emplacement du potager, et nous avons planté des pommes de terre, semé des graines de concombres, de tomates cerise et de chicorées. Nous avons également contemplé les antennes d’un gros escargot réveillé de sa sieste par nos entreprises terreuses. Pendant que je ratissais la terre du potager et enlevais les racines des mauvaises herbes, je me disais que c’était un travail très proche de mon débuguage de code de la semaine: un peu long, un peu hasardeux, mais nécessaire pour obtenir un résultat concret. Ceci dit, nous sommes des débutants complets en jardinage, et je ne sais pas du tout à quel résultat m’attendre. Je guette l’apparition des premières pousses de carottes ou de marguerites avec espoir….

 

 

 

 

Bravo SuperPapa et SuperMaman

Avant toute chose, deux photos qui n’ont rien à voir avec le texte, mais qui résument bien la vie de mes enfants le week-end dernier.

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Petit Chat part en expédition
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Revenu après une longue marche, il croise Petite Sirène qui s’entraine pour l’acrobranche

En cette fin d’aprem, je prend une petite pause pour écrire un billet à notre gloire à nous deux, SuperPapa (aka mon chéri), et moi, SuperMaman (aka Lilipuzzle).

Rien d’extraordinaire en fait, juste le quotidien de parents qui ont des enfants et doivent se débrouiller pour concilier leur vie de famille, leur travail, et … eux. En plus, comme j’aime à le répéter, on a tous les deux des boulot assez souples sur les horaires. Donc on a de grosses facilités d’organisation, donc ce n’est même pas si difficile.

Oui, mais quand même. Hier soir je crisais parce que je ne retrouvais plus les identifiants pour me connecter sur le site de la mairie de notre ville. Qui m’auraient permis de  réserver dès minuit (oui oui!) les places pour le centre aéré du mercredi après-midi pour Petite Sirène, pour les mois de Mai et Juin. Avec le déménagement, je n’ai pas retrouvé la fameuse putain de  feuille où ces identifiants étaient inscrits. Je n’ai pas non plus réussi à retrouver l’adresse email qu’on avait fournie et qui permettrait de ré-initialiser le mot de passe. Remarquez: sans identifiant, le mot de passe seul est bien inutile. Ont suivi des textos stressés à d’autres parents, qui eux, arrivaient à se connecter. Et surtout, deux heures d’attente devant l’école cet après-midi à faire la queue pour avoir une des places restantes. Sous la pluie une bonne partie du temps. Heureusement pour moi, une maman m’a prise sous son aile parapluie, et les dames de l’école nous ont prêté des chaises. J’ai aussi réservé des places pour des parents d’élèves et copains qui avaient juste oublié  que c’était le jour des inscriptions. Le monsieur du couple en question a fait un aller-retour en vélo express avec moi entre son lieu de travail et l’école pour récupérer le badge de son fils et me le passer afin que je puisse l’inscrire. Nos enfants apprennent  à l’école les quêtes aventureuses des chevaliers, quand les nôtres sont bien plus prosaiques, mais conformes à notre siècle habité par la paperasse et les formalités administratives.

Pendant ce temps, ce matin même, mon chéri a emmené notre fille chez l’orthoptiste, car nous avons remarqué qu’elle louche ces derniers temps. Résultat: elle va porter un cache sur un oeil pour renforcer et corriger celui qui part de travers, car il est un peu paresseux. Il faut reprendre un deuxième rendez-vous pour être sûr qu’elle n’ait pas besoin de lunettes. Et en prendre un autre pour son frère, pour faire du dépistage un peu plus précoce. Car heureusement, à cinq ans (l’âge de Petite Sirène), c’est encore le bon âge pour corriger ce type de défaut d’oeil, mais il ne faut pas traîner. Et vers six ans c’est déjà plus compliqué. Pourtant, on l’emmène chez le pédiatre régulièrement, et elle a déjà fait des bilans de vue. Mais personne n’avait rien remarqué jusqu’il y a quelques semaines. Mon chéri a ensuite pris un rendez-vous pour inscrire les enfants dans leur nouvelle école. C’est le deuxième rendez-vous: le premier a eu lieu en mairie, le deuxième aura lieu avec la directrice de l’école. Il y en aura ensuite un troisième, à la mairie, pour créer leur carte permettant de badger pour la cantine et le centre aéré.

C’est du très banal tout ça, même pas une journée où c’est vraiment la course, mais quand ce type de journées s’enchainent, je me demande à quel moment je peux vraiment me concentrer sur mon travail, ou sur autre chose. Aujourd’hui, j’aurai en fait tout juste réussi à résorber mon retard sur les mails de la fin de semaine dernière et du week-end, et quand même discuté une heure avec un collègue à propos de maths. Bon, c’est vrai, là je perds du temps à écrire au lieu de me remettre au boulot, mais ça me fait du bien.

Et surtout, tout ça semble très normal. Jamais personne ne nous félicite à la fin de la journée pour avoir essayé de tout faire au mieux, pour avoir essayé de faire notre travail à temps et le mieux possible, en dépit des grippes, des injonctions administratives, des rendez-vous médicaux, des grèves, et de nos propres contraintes. Pour avoir essayé de nous occuper de notre mieux, et de tout notre coeur, de nos enfants quand nous sommes avec eux.

Donc, pour compenser ça, j’ai décidé de nous féliciter très solennellement:

« Bravo SuperPapa, bravo SuperMaman, vous faites du bon boulot! Continuez comme ça.  »

Des fois, des encouragements, ça peut aider à voir la prochaine journée non pas comme une épreuve à affronter, mais comme quelque chose de plus simple et de plus léger. J’en ai besoin en ce moment.