Du texte, du texte

Ces derniers jours, j’écris dans un cahier offert par le magazine Flow. J’ai déjà parlé de ce magazine: j’aime vraiment beaucoup son état d’esprit. De la bienveillance, l’éloge du bonheur de vivre tout court, de faire des choses avec ses mains, de laisser tomber un peu son ego et de se concentrer sur ce qui nous fait du bien… en gros.

Mais dans le dernier numéro, il y avait un cahier intitulé « 30 jours pour écrire ». Chaque jour, il faut écrire quelques lignes, en répondant à une question du type « Qui sont actuellement les personnes les plus importantes dans ma vie » ou « Qu’est-ce qui a contribué à faire de moi la personne que je suis? ». Les questions convergent visiblement peu à peu vers la mise en place d’un projet personnel, en fonction de ce qu’on souhaite faire pour améliorer sa vie. J’ai pris le temps de répondre environ à la moitié du carnet. Certaines questions me paraissaient très évidentes, et au contraire, au début, je me suis demandée ce que je pourrais bien vouloir changer à ma vie, parce que globalement, je me sens très heureuse. Bien sûr, je pourrais souhaiter plus de réussite professionnelle, un meilleur niveau en escalade, perdre 3 kilos, mais ce ne sont pas des choses très importantes. Mon mari, mes enfants, ma famille proche vont bien, et je me sens heureuse avec eux. En fait, je pourrais continuer à vivre comme ça jusqu’à la fin de ma vie, et j’en serais très contente.

Et puis, en creusant un peu, en me laissant quelques nuits de réflexion entre deux pages de ce carnet, des choses me sont tout de même  venues à l’esprit. Mon angoisse éternelle, bien qu’atténuée ces dernières années, de ne pas compter pour mon entourage, de ne pas réussir à avoir d’amis. Liée à mon sentiment de ne pas être très intéressante. Je me suis aussi fait l’observation que, dans ce que j’écrivais, je n’incluais pas ma mère dans les gens qui comptaient le plus pour moi. J’aurais pu le faire, tout en insistant sur le côté compliqué, mais j’ai préféré ne pas la mentionner. J’ai fait une fois de plus le lien dans ma tête entre ce sentiment (en voie de guérison, mais contre lequel je me bats très fort) d’être insignifiante, et le fait qu’effectivement, je ne signifie pas grand chose pour elle. Rien d’absolument terrible, tout cela est très banal, mais ça ne me soulage pas totalement de relativiser. Surtout, la plupart du temps, je souhaite surtout arrêter d’y penser.

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Un peu de pensée positive pour contrebalancer: un souvenir de pique-nique sur la plage à la fin de l’été, une photo sympa prise par quelqu’un d’attentionné
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Mon père avec les enfants…un bon moment qui compte

Mais en écrivant dans ce carnet, je me suis rendue compte une fois de plus que ce sentiment de fragilité dans mes relations avec les autres venait forcément un peu de ce problème avec ma mère, de mon histoire avec elle, et que j’ai le choix entre guérir tout doucement, ou essayer d’attaquer ce problème plus activement avec un(e) psy. Ces dernières années, j’étais sans doute un peu trop occupée par la naissance de mes enfants, mais maintenant, je me sens plus disponible dans ma tête, j’ai eu le temps d’absorber la manière dont les relations avec ma mère ont changé depuis que je suis devenue maman, et donc  je suis peut-être bien prête à aller affronter ça pour de bon…

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Inspirée

En ce moment, j’ai plein de choses à écrire par ici, sur ce blog. Tant mieux, car cela me fait du bien de formaliser un peu mes pensées en les écrivant. J’aime bien cet exercice, qui consiste à parler de choses personnelles, mais sur un ton un peu différent du journal intime, puisqu’il peut être lu par d’autres. Pour le moment, je ne tiens pas forcément à interagir avec d’autres personnes (un peu asocial, c’est vrai!), et j’ai, peut-être, un peu peur de « montrer » ce que j’écris en indiquant le lien vers mon blog dans les commentaires que je poste ailleurs.  Mais l’idée que je peux être lue change quand même la manière dont mes articles sont rédigés. J’essaie de bien formuler ce que je veux dire, de prendre un peu de recul, d’exposer les choses de manière logique, ce qui me fait parfois découvrir des liens que je n’avais pas perçus avant.

En fait, j’ai l’impression que ce blog m’est bénéfique parce qu’il me permet de matérialiser des pensées qui me viennent, et qu’avant je laissais s’évaporer. Certaines de ces pensées sont assez inutiles, mais d’autres me permettent d’évoluer, d’avancer, et donc les écrire me permet de bien les comprendre….

Une pensée qui m’est venue aujourd’hui, et qui, je crois, est importante pour moi, concerne ma mère et son rapport à la maternité.

Depuis que j’ai des enfants, j’ai l’impression qu’elle me fuit. Beaucoup de gens qui nous connaissent toutes deux me disent qu’elle a du mal à accepter d’être grand-mère, et c’est aussi la principale manière dont j’ai interprêté son comportement jusqu’il y a peu.  Et puis, aujourd’hui, j’ai entrevu une autre raison. Je me suis dit que peut-être, elle pensait inconsciemment que pour une femme la maternité était une sorte de poids négatif, un frein, et donc, toujours inconsciemment, elle me fuyait à cause de cette disgrâce supposée. Ca explique en tout cas pourquoi les dernières fois qu’elle est venue nous voir elle n’arrivait pas à imaginer qu’on pouvait faire des trucs en famille, tous ensemble: pour elle, le statut de maman doit tout empêcher.  A creuser…