A propos de la lecture…

Comme je l’écrivais dans le post précédent, ces dernières semaines sont très chargées côté boulot. Je travaille la journée, le soir quand les enfants sont couchés, et j’arrive tout juste à me mettre à peu-près à jour pour les échéances les plus urgentes. Bon, il n’est pas exclu que je n’arrive pas toujours à établir des priorités claires. Par exemple, l’autre jour, je préparais un cours d’arithmétique, et j’ai passé deux heures à chercher quelles applications sympas j’allais bien pouvoir montrer aux étudiants. Certes, ca vaut le coup de le faire, mais si on a le temps pour ça.

Quoi qu’il en soit, à la fin de la semaine prochaine ce rythme un peu effréné devrait ralentir, et je m’en réjouis d’avance, car cela me redonnera du temps et me laissera l’esprit libre pour pratiquer des activités à plus long terme de mon travail, comme de réfléchir à ma recherche, avancer mes simulations numériques, faire de la bibliographie, et même, si je ne procrastine pas trop, écrire des papiers.

Pour le moment, je me sens tellement prise dans une sorte de tourbillon d’échéances à rendre (sujet d’examens, présentations, corrigés, cours…) que je n’arrive même plus à prendre le temps pour faire du yoga le soir. Ce qui n’est pas bon pour mon équilibre justement. Mais c’est une sorte de mini cercle vicieux: je me sens débordée, donc au lieu de me détendre et/ou de faire du yoga, je travaille, et donc je me sens encore plus débordée… Je n’ai aucune envie de me faire plaindre: je suis quasiment la seule responsable de cet état, et contrairement à beaucoup de gens j’ai un métier que j’adore et qui offre beaucoup de liberté d’organisation, et même de liberté tout court. C’est donc un simple constat que je fais, et d’ailleurs, je suis en train d’écrire pour ce blog justement parce que je me suis dit que ça me ferait du bien de penser à autre chose qu’à mes cours de calcul scientifique…Les maths c’est très bien, mais des mots, de vrais mots, avec un sens fluctuant, qu’on peut aligner sans objectif particulier, pour le simple plaisir de communiquer, c’est… autre chose.

Avec ma passion pour mon métier, j’oublie parfois que je suis également sensible à des choses moins scientifiques, et que j’ai besoin de satisfaire aussi cette partie de moi qui ne se nourrit pas que d’implications logiques. Que j’aime la poésie, l’humour, la richesse des relations humaines. Que j’adore lire depuis toujours, et que j’ai besoin d’avoir en permanence un livre en cours pour me sentir complètement moi-même.

Et l’autre jour, à la librairie, alors que je cherchais des livres pour faire un cadeau d’anniversaire à Petit Chat, je suis tombée sur un petit livret contenant un discours de Neil Gaiman, intitulé « Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l’imagination ». Neil Gaiman est un auteur de fantasy que j’adore. Réellement. Les histoires qu’il invente sont à la fois étranges, merveilleuses et totalement inattendues. Elles contiennent souvent de la magie, mais d’une manière forcément différente que ce à quoi vous pourriez vous attendre. Et une fois lues, malgré leur étrangeté, j’ai à chaque fois l’impression d’avoir découvert un univers jusque là inconnu, mais complètement réel, et d’une évidence qui s’impose à moi. Les histoires de Neil Gaiman changent mon regard au monde.

Autant dire que j’ai beaucoup aimé ce petit texte, que vous pouvez trouver gratuitement à cette adresse:

http://www.crlbn.fr/pourquoi-notre-futur-depend-des-bibliotheques/

J’en donne juste deux extraits:

« Nous tous – adultes et enfants, écrivains et lecteurs -, nous avons l’obligation de rêver. Une obligation d’imaginer. Il est facile de se conduire comme si personne ne pouvait rien changer, comme si nous étions dans un monde où la société est énorme et l’individu moins que rien; un atome dans un mur, un grain de riz dans un champ. Mais la vérité, c’est que les individus changent sans cesse leur monde, les individus fabriquent l’avenir, et ils le font en imaginant que les choses peuvent être différentes. […] Cette salle et les objets qu’elle contient, et tout ce que ce bâtiment contient d’autre, cette ville, existent parce que, encore et encore et toujours, des gens ont imaginé des choses. Ils ont rêvassé, ils ont médité, ils ont fabriqué des choses qui ne fonctionnaient pas tout à fait, ils ont décrit des choses qui n’existaient pas à des gens qui ont ri d’eux »

« On a un jour demandé à Albert Einstein comment nous pouvions rendre nos enfants plus intelligents. Sa réponse a été à la fois simple et sage. « Si vous voulez que vos enfants soient intelligents, a-t-il dit, lisez-leur des contes de fées. Si vous voulez qu’ils soient plus intelligents, lisez-leur plus de contes de fées ».

Moi, ça me fait du bien de lire ça…

Ah oui, je me rends compte que ça fait deux fois que j’écris un post depuis les attentats à Paris, sans en toucher un mot. La vérité, c’est que je ne sais pas quoi dire de tout ça. J’ai des idées, des pensées, mais confuses, voire assommées par une forme de choc émotionnel. Alors je laisse décanter dans ma petite tête et ça finira peut-être par venir. Ou peut-être pas.

 

 

 

 

 

 

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