Welcome 2017

Difficile de faire l’impasse sur le changement de chiffre dans le calendrier non?

On a passé de bonnes vacances de Noel, avec une semaine dans ma famille à Lille, suivie d’une fête de Noel dans notre maison avec ma mère et ma soeur, et un super réveillon avec des amis et des amis d’amis…

Maintenant, je me remets doucement en route pour la reprise du travail, demain. Pas de stress particulier, mais j’ai envie de ne plus me laisser déborder comme cet automne. Même si, avec quelques semaines de recul, je ne vois pas très bien ce que j’aurais pu faire, à part poser mon ordinateur le soir et me détendre, quitte à ne pas faire les cours comme j’en avais envie. Et ça c’est difficile à vraiment mettre en pratique, même si je sais bien que parfois, on peut faire moins et mieux à la fois….

En tout cas, pour les mois à venir, mon emploi du temps ne va dépendre presque que de moi, donc j’ai toute latitude pour faire comme il me parait bon. J’aimerais réussir à travailler vraiment en accord avec mes rythmes personnels.

D’ici environ cinq semaines, nous prenons aussi l’avion pour trois semaines de vacances au Chili. Je n’ai encore jamais fait de grand voyage comme ça pour le plaisir, et donc, évidemment pas avec les enfants. Une belle aventure en perspective. Pour le moment, je vois donc encore ce voyage un peu comme une sorte de rêve (même si de plus en plus concret!), et je pense surtout au voyage en avion, qui me stresse un peu. D’ici là, j’aimerais quand même me remettre un peu à l’espagnol, pour ne pas me sentir complètement étrangère en arrivant dans ce pays.

 

L’envie d’écrire, les chansons

J’étais un peu à court d’inspiration ces dernières semaines: un peu accablée par le travail en quantité trop importante, un peu trop docile à me laisser déborder…J’ai préparé des cours, répondu à des messages plus ou moins intéressants, préparé des feuilles de TD, corrigé des programmes, discuté avec des étudiants, réfléchi (un peu) à ma recherche, à mes priorités en vue de mon changement de thématique et d’équipe.

Je me suis laissée en quelque sorte assécher par tout ça, à travailler tous les soirs tard pendant des semaines, au lieu de lire, me reposer, faire du yoga…Je ne regrette pas vraiment: ça correspondait aux urgences du moment. Mais j’ai décidé de sortir de ce tunnel pour reprendre contact avec ma vie habituelle, qui est plus équilibrée.

Je relis, j’écoute de la musique, je bavarde avec des collègues, je sollicite mes amis pour faire des sorties et se marrer. J’essaie de secouer le poids des petites préoccupations pas importantes mais qui occupent l’esprit.

Il y a un an environ, je me sentais vraiment forte, pleine de confiance en moi. Et ces derniers temps, tout en étant tout aussi heureuse qu’à l’époque, je me sens un peu moins forte. Je crois que cette période de transition professionnelle, toute positive qu’elle soit, me chamboule un peu.

Il y a aussi la morosité ambiante, due à l’instabilité du monde pas très loin de moi: la Syrie, le futur nouveau président des Etats-Unis, le résultat à venir dans quelques mois de notre propre élection présidentielle, la crise des réfugiés, le changement climatique…. Je me sens très souvent comme à bord d’un train qui aurait déraillé, et dont on ne sait s’il va freiner tout seul ou percuter une montagne.

Je n’ai pas envie de me sentir juste impuissante face à tout ça. J’ai décidé de m’engager un peu, afin de ne pas juste déplorer que les choses aillent mal sans rien faire pour les changer. Je ne peux sans doute pas changer grand chose, mais je peux essayer de rendre le monde un tout petit peu meilleur autour de moi.

Pour le moment, mes efforts sont les suivants:

-J’essaie de ne plus manger de viande: pour des raisons éthiques envers les animaux, mais aussi à cause du poids écologique de la consommation de viande.

-De manière plus générale, j’essaie de vivre de manière plus écologique à travers ce que j’achète, ou n’achète pas, notamment à manger.

-Je me suis inscrite dans un projet de supermarché local coopératif, pour favoriser les circuits courts et moins de pollution.

-J’adore mon métier, mais en dehors du fait de former de jeunes adultes à bien se servir de leur tête, je ne suis pas sûre que c’est à travers lui que j’aurai le plus d’impact sur mon environnement. Ou sinon par mon comportement, s’il est positif pour les personnes autour de moi. Je vais donc essayer de me conduire le mieux possible avec les personnes qui m’entourent, dans mon travail comme ailleurs. Bien sûr, il va y avoir des erreurs, des ratés, mais c’est la dynamique que je veux adopter.

Comme toujours, une fois que j’ai commencé à écrire, mes mots m’emportent d’eux même loin de ce que j’avais initialement prévu de dire.

Ce soir, j’écoutais de la musique (les Enfoirés pour être plus précise), et je me disais que j’avais envie de partager les sentiments que m’inspiraient ces chansons avec d’autres personnes, un peu comme quand j’étais ado et écoutais de la musique avec mes amis. Et je me disais qu’il y avait certainement beaucoup d’autres personnes que ces chansons émeuvent, mais que le fait d’aimer, ou non, une musique donnée, était malgré tout quelque chose de très personnel. Et qu’une autre personne, sensible d’une manière différente, peut ne pas comprendre du tout pourquoi…Alors comment faire pour partager ça?

La recherche, la fantaisie, la liberté

Je pense à ces trois mots, qui sont importants pour moi.

La recherche, c’est mon travail. Avec l’enseignement, bien sûr. Un monde de rigueur, de coupage de cheveux en quatre (chez nous, on dit plus volontiers couper les epsilon en quatre, et ça a exactement le même sens), de compétition. C’est aussi, et on ne le dit pas assez, un monde de liberté, puisqu’on cherche en fonction de nos idées, de nos intuitions, de nos motivations. Il n’y a pas, ou ne devrait pas y avoir, de dogme, d’habitude sclérosée, car tout est à ré-inventer, avec pour seul jugement: est-ce que ça marche, est-ce que ça fait avancer la connaissance…

J’essaie aussi, d’y mettre un peu de fantaisie, pour satisfaire mes propres goûts. Pas facile tel quel, mais j’essaie de l’introduire par petites touches, avec de belles illustrations, des figures claires, ou des parallèles inattendus. Je suis persuadée qu’un peu de fantaisie peut aider à voir les choses autrement, et donc à avoir des idées nouvelles.

 

Lavande et Bigaradier

Depuis quelques jours, je me suis mise, assidûment aux huiles essentielles de lavande et de petit grain bigaradier, le soir.

Une pharmacienne, me sentant avide de conseils, m’a donnée un fascicule décrivant une cinquantaine d’huiles essentielles différentes. Bien que sceptique au départ, je suis maintenant plutôt convaincue de l’efficacité de ces petits flacons en cas de rhume en hiver. Et je teste donc l’application dans le creux des coudes, le soir, pour me détendre. La détente, c’est un peu plus subjectif que la disparition des symptômes grippaux, donc difficile de conclure quelque chose. Mais j’aime l’odeur de la lavande et du petit grain bigaradier, et une fois que j’en ai mis, j’ai presque l’impression de me glisser, après un bon bain, dans des draps frais et accueillants. J’ai l’impression de revenir en enfance, à un moment où je me sentais en sécurité auprès de mes parents. Donc j’aime bien.

J’ai commencé à lire le roman de Nick Hornby « Funny Girl ». Pour le moment, j’accroche comme à une bonne série avec des personnages bien construits.  J’arrive à nouveau, depuis trois semaines, à consacrer vraiment du temps à lire de nouveaux livres, et ça me fait du bien.

Sinon, je viens de passer un week-end un peu différent de nos habitudes. Mon chéri est parti faire du bateau avec des collègues, et je suis restée à la maison avec les enfants. Je n’ai pas prévu grand chose, à part un repas avec une copine et ses enfants, mais je me suis laissée porter par les occasions, et finalement, nous avons fait plein de choses sympas: un café près du marché avec une amie et sa fille, un petit tour au parc improvisé, une visite de copains, des jeux dans le jardin, pas mal de discussions, des hamburgers et des frites faits à la maison… le tout sous un beau ciel bleu d’automne.  Très souvent, j’ai l’impression de ne pas réussir à échanger assez avec les gens de mon entourage, et là, curieusement, alors même qu’avec les enfants je n’aurais pas dû avoir beaucoup de disponibilité mentale, j’ai comblé mon besoin de discussion et de contacts humains. C’est peut-être dû au fait que, pour une fois, j’ai décidé de prendre mon temps, et de me relâcher. Je n’ai donc pas fait grand chose, mais ça m’a fait beaucoup de bien….

Cette année…

Aujourd’hui j’ai annoncé à mon chef que je voulais changer de thèmes de recherche, et donc, d’équipe de recherche. Ca s’est bien passé, mieux que ce que je craignais. C’est un soulagement pour moi. Je vais pouvoir me projeter plus concrètement dans mes futurs projets de recherche, en toute cohérence avec ma situation.

Je suis contente d’avoir enfin franchi ce pas, d’avoir concrétisé mon envie d’autre chose en recherche. J’aurais pu rester encore dix ans sur mes thèmes actuels, sans même m’ennuyer. Mais il m’aurait manqué quelque chose: le sentiment d’être utile, le sentiment d’appartenir à une équipe, ou bien tout simplement celui d’être au bon endroit pour moi.

Je ne m’attends pas à ce que tout soit facile là où je vais, mais j’ai envie que ça marche, envie de me trouver une place, et de faire des choses nouvelles et rigolotes. Je pense que le dialogue sera plus facile que là où j’étais, et c’est très important pour moi.

Sinon, je me suis dit depuis quelques jours que mon grand chantier personnel pour cette année à venir pourrait bien être de réconcilier les différents aspects de ma personnalité. Au moins un peu. J’aimerais bien arriver à faire se recoller, coincider, mon côté timide et réservé, qui ne se sent pas très à l’aise, avec celui qui fonce sans réfléchir, qui parle beaucoup et d’un ton décidé, voire péremptoire. Il y a un dernier moi plus posé, mais pas anxieux, qui ne s’exprime qu’avec certaines personnes. Lesquelles et pourquoi? Il faut que je comprenne pourquoi tel ou tel aspect de moi-même apparait en fonction des circonstances. J’ai besoin de mieux me connaitre, pour me détacher de certains automatismes inconscients, voire même de certains besoins inexprimés, mais qui influent sur mon comportement. Je ne sais pas trop par quoi je vais commencer. Peut-être que je pourrais juste essayer de m’observer, sans me juger, et essayer de comprendre quelles émotions sont en moi, à quel moment, en fonction de quel entourage. Vaste boulot. Je ne cohabite pas trop mal avec moi-même, mais j’aimerais bien mieux me cerner, et ne pas craindre, comme cela m’arrive parfois, de parfois être gouvernée par des peurs ou des ignorances, qui me font agir d’une certaine manière, plutôt que par des décisions conscientes.

 

 

 

 

 

Rentrée

Je n’ai pas écrit depuis plus de deux mois ici: ça m’a manqué, mais j’avais aussi envie de plus d’activités sans clavier et sans écran.

Les vacances se sont bien passées. On a fait de la montagne, grimpé, vu des amis. Je suis arrivée à la fin de l’année universitaire complètement à fleur de peau, exaspérée, triste et inquiète pour de multiples raisons. Pas malheureuse, mais avec quelques soupapes à relâcher. Et les deux premières semaines à la montagne m’ont fait beaucoup de bien. J’ai oublié sciemment quelques soucis, comme mon amie qui a de gros problèmes de santé, pour lesquels je me sens si impuissante, comme ma mère avec qui il est toujours un peu compliqué de communiquer. Je suis revenue avec l’idée de plus apprécier chaque instant de ma vie, parce que pour le moment j’ai énormément de chance, et que je pense que c’est la seule attitude décente à avoir face à certaines situations dramatiques autour de moi.

J’ai aussi décidé, et ça m’a fait beaucoup de bien, d’essayer de plus accepter mes failles. Par exemple, mon côté bordélique, et le fait que j’aie du mal à me concentrer au boulot. Ma soif d’affection. Mon manque de confiance en moi. J’ai décidé d’essayer d’être moins perfectionniste, et de trouver plus de plaisir à ce que je fais.  Je me suis rendue compte que le meilleur moment pour régler certaines paperasses, certains coups de fils, c’était le matin. Je ne m’autorisais pas à le faire en me disant que ça empiétait sur mon travail. Résultat, la tâche en question était sans cesse repoussée, parce que le soir, je n’ai aucune envie de m’y astreindre. Même mes mails perso, je n’ai aucune envie de les envoyer le soir, et je culpabilise de ne pas les écrire… Alors maintenant, je ferai au meilleur moment pour moi, et le soir, je me reposerai, ou bien je ferai quelque chose qui me botte vraiment. J’ai décidé de moins me poser de questions, sur mon moi, mon surmoi, mon ça et mon ego. Je ne suis pas parfaite du tout, souvent maladroite, et avec des envies très contradictoires. Je suis très certainement une fille très compliquée. Mais y penser n’y change rien. J’ai juste envie d’avancer, d’essayer de faire des trucs,  parce que je me rends compte que les gens que j’admire le plus, sont ceux qui font des choses. Et j’ai décidé de me forcer le moins possible à faire des choses qui m’ennuient, parce qu’il y en a déjà bien assez pour ne pas s’en rajouter, et que celles qui sont inévitables, je dois trouver un moyen de me les rendre plus agréables. J’ai décidé d’accepter que j’ai besoin d’un équilibre entre des choses complètement antagonistes pour me sentir bien, et que j’allais essayer de le trouver exactement comme ça.

Je me sens souvent partagée entre deux tendances contradictoires: ma personnalité calme, douce, qui ne veut pas faire de bruit, et celle qui est menée par des sortes de pulsions, qui a envie d’attirer l’attention sur elle, et s’emporte un peu facilement. Peut-être que si j’essaie de davantage mener ma vie en fonction de mes goûts et de ma sensibilité, je me sentirai plus en accord avec moi-même, et moins tiraillée entre les différents aspects de ma personnalité.